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31 août 2013 6 31 /08 /août /2013 09:38

 

 

Voici quelques pistes d'information, de réflexion sur "Avaaz"...

Bonne lecture. 

 

 


 

 

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L’ong Avaaz est très présente dans nos boites à lettre, vous proposant des pétitions à signer sur l’un ou l’autre thème politique, économique, humanitaire  du moment.

Avant de poser votre nom au bas de ces pétitions, lisez ce qui suit, (et faites ce qui vous semble le mieux… :D )

Savez-vous qui est Avaaz ?

(Réponse de Sylvie Simon suite à un mail d’Avaaz se plaignant de gmail.)

« C’est uniquement du « barratin » 
Mon commentaire : 


Avaaz se plaint ? Tant mieux, cela fera baisser leur prétention. 


Si vous êtes conscients, ne répondez pas à ce message, laissez-les s’embourber tout seuls dans leurs mensonges. ils n’ont pas d’adhérents mais des gens qui se contentent de signer sans réfléchir. 

N’oubliez jamais que cette ONG a été créée par Ricken Patel, un anglo-canadien qui a travaillé pour la fondation Rockefeller, la fondation Bill Gates, a été consultant pour l’ONU, et fréquente tous les patrons de la mondialisation.

Il n’est certainement pas un simple lanceur d’alerte épris de liberté et révolutionnaire dans l’âme comme le croient certains. La fondation Rockefeller apprend à manipuler des foules et ce Ricken Patel a certainement beaucoup appris à cette école. De plus, il possède des moyens hors normes pour envoyer des enquêteurs à travers le monde ou payer des campagnes d’affichage ou de publicité à la Télévision, ce qui génère des questions sur l’origine de ces fonds.

Enfin, le choix de ses pétitions n’est pas toujours cohérent. Ainsi, il fait circuler des pétitions contre la corruption dans certains pays, mais jamais contre la corruption des banques, surtout américaines. C’est normal car ils sont financés  en grande partie par le milliardaire George Soros.

Qui sont ces « spécialistes » anonymes qui affirment n’importe quoi sans aucune preuve ? Avaaz serait un « outil précieux » ? Il n’y a qu’eux pour le dire.

Remarquez-bien que leur équipe change constamment et demandez-vous pourquoi ! 
En 2008, le ministre canadien de l’environnement, John Baird, a qualifié Avaaz d’ « organisation étrangère douteuse », au financement lié au militant milliardaire George Soros.

En août 2010, un blogueur ex-volontaire d’Avaaz livre un témoignage critique sur cette organisation. Ces critiques portent sur le manque de démocratie en interne ; sur la mentalité américaine qu’elle développe, peu adaptable aux cultures locales ; sur son usage du mot « membre » pour qualifier des pétitionnaires et non pas des adhérents ; et sur le manque de plaidoyer politique pour des fins opportunistes63.

En mai 2012, le site a censuré une pétition pour le retour du chroniqueur français Éric Zemmour sur la radio RTL à la suite de son licenciement dû à une chronique qu’il avait faite contre la ministre française de la justice Christiane Taubira, car elle ne correspondait pas aux valeurs du site et tournait à l’affrontement par pétitions interposées.

En septembre 2012, le blogue The Art of Annihilation publie lui aussi un rapport d’investigation.

En novembre 2012, un article de Dominique Guillet (association Kokopelli) fait le point sur les actions d’Avaaz et l’utilisation des dons versés à l’association. Celle-ci appuierait des interventions militaires, notamment dans les conflits libyen et syrien de 2012, et se mêlerait des affaires internes de la Somalie, du Soudan et de l’Iran. Sont aussi soulignés les salaires et dépenses de ses dirigeants ainsi que des liens avec diverses organisations et fondations contestées quant à leurs actions.

Lisez l’article paru dans  Le Grand soir du 1er décembre 2012, vous serez édifiés, ou bien les questions posées dans LiberTerre (un écran de fumée occultant les bombes libératrices à uranium appauvri) :

« Est-ce donc une coïncidence si l’organisation dénommée Avaaz a soutenu les interventions militaires en Libye (19 20 21) et en Syrie (25 / 26 / 27 / 28)? Est-ce donc une coïncidence si Avaaz se mêle des affaires internes de la Somalie (2 / 3 / 4)? Est-ce donc une coïncidence si Avaaz se mêle des affaires internes du Soudan (5) en accusant, par ailleurs, le très diabolisé Iran de livrer des armes (8)? Est-ce donc une coïncidence si Avaaz se mêle des affaires internes de l’Iran (10)?

« Qui sont donc ces “activistes Avaaz” impliqués très concrètement, en 2012, dans des opérations de déstabilisation de la Syrie (11)?

« L’organisation Avaaz n’est-elle pas tout simplement une tête de pont de la CIA, un gigantesque écran de fumée occultant les bombes libératrices à uranium appauvri de l’Impérialisme Occidental ? « , demande Dominique Guillet qui signale également que, à l’automne 2009, en rédigeant ses quatre articles sur l’arnaque du réchauffement climatique anthropique (13), il découvrit que cette organisation sollicitait les activistes pour récolter des fonds, en l’espace de quelques jours, à hauteur de 150 000 dollars afin de créer un blog durant le Sommet de Stockholm :

 « Il ne nous reste plus que quelques jours. Si d’ici lundi, nous pouvions collecter 150 000 dollars, Avaaz pourrait engager les grands moyens sur ce projet : construire une carte du monde et un blog dans le style de Twitter permettant de relier tous les événements organisés pour le climat le 21 septembre ; mettre en place une base de données téléphoniques mondiale pour permettre à des milliers d’entre nous d’inonder nos dirigeants de coups de téléphone ; et enfin engager une équipe de professionnels pour faire la différence sur le terrain médiatique, face aux puissants lobbys industriels et pétroliers ».

« 150 000 dollars financés par des militants naïfs pour créer un blog!! On croit rêver. A l’époque, je pensais qu’Avaaz n’était qu’une ONG frauduleuse, une de plus, une Organisation pour Niaiser les Gogos, dont l’objectif unique est de soutirer beaucoup d’argent aux activistes et dont l’outil principal est fondé sur des pathologies modernes, la pétitionnite aiguë et la conjugaison débridée du verbe “cliquer”. Et il est clair qu’Avaaz excelle en tant que gigantesque machinerie à cliquer/glaner des dollars/euros. Il n’est que de consulter, sur internet, l’une de ses campagnes, en 2009, pour lever des fonds, à grands renforts de petits montants »

Si tout cela ne vous a pas fait réfléchir, aidez-donc ces prédateurs, au service du gouvernement mondial et continuez à signer n’importe quoi. 

Sylvie Simon

http://www.sylviesimonrevelations.com/article-savez-vous-qui-est-avaaz-119536006.html


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Changer le monde grâce à Avaaz : un artifice de communication



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A l’heure où internet permet de connecter des millions d’individus entre eux, Avaaz, au nom de la conscience citoyenne, s’est créé une véritable cyber-communauté : plus de 15 millions de personnes dans le monde semblent y adhérer, par Alexandra Vanderbeck

Changer le monde grâce au pouvoir d’internet, est-ce possible ? C’est en tout cas le postulat d’Avaaz, mouvement citoyen international, créé en 2007. « Réduire l’écart entre le monde que nous avons et le monde voulu par le plus grand nombre et partout », telle est la devise d’Avaaz, dont le but revendiqué est de faire entendre aux dirigeants le point de vue des citoyens sur des enjeux de société importants afin d’influer sur leurs décisions politiques.

Le moyen qu’Avaaz a trouvé pour répondre à son objectif est la mobilisation massive des gens via internet. Son mode d’action consiste en l’envoi de pétitions aux dirigeants concernés par le problème soulevé. Ces pétitions sont soumises par sondage auprès de panels de dix mille membres. Seules les initiatives qui suscitent une forte réponse sont alors lancées à grande échelle.

Depuis 2012, toute personne a le droit de proposer une pétition à Avaaz. Toutefois, « si une pétition n’est pas soutenue par nos membres ou est contradictoire avec la mission d’Avaaz, elle peut être dépubliée », explique l’association. S’il existe une chartedétaillée qui précise les normes en matière de contenu (contenu injurieux ou obscène), elle précise aussi qu’« Avaaz se réserve le droit de retirer ou refuser de publier toute contribution d’utilisateur quelle qu’en soit la raison ».

Quinze millions de membres

Quinze millions c’est le nombre astronomique de membres revendiqué par Avaaz. En réalité, devient « membre » automatiquement et sans avoir donné son accord, quiconque a signé une de leurs pétitions.

Ces « membres » sont évidemment factices puisqu’ils ne payent aucune cotisation, et que bien souvent, vu le procédé, les gens ne sont même pas au courant qu’ils ont été, à leur insu, désignés membres. De même, ils se voient automatiquement abonnés à la newsletter d’Avaaz sans avoir donné leur accord.

Ce qui semble orienter les dirigeants d’Avaaz dans leurs choix de défendre telle ou telle cause est l’adhésion de leurs membres au point de vue défendu. Ainsi, peut-on lire sur leur site, « les priorités et le pouvoir d’Avaaz viennent de ses membres. Chaque année, Avaaz définit ses priorités à partir d’un sondage ». Par ailleurs, Avaaz explique que « plusieurs versions d’une même campagne peuvent être proposées à nos membres pour déterminer quelle stratégie sert le mieux notre mission ».

Tourne la girouette...

A ce propos, nous avons recueilli le témoignage d’un ancien militant français d’Avaaz qui a participé à l’Action Factory, une équipe internationale formée de jeunes bénévoles, destinée à préparer des mobilisations en Europe pour le sommet de Copenhague en 2009.

Ce militant a posé un certain nombre de questions aux responsables d’Avaaz car il ne voyait pas bien ce que signifiait pour eux « un bon accord » à Copenhague, comme ils l’avaient formulé : « Ils m’ont expliqué au téléphone qu’ils étaient opportunistes dans le sens où ils ne voulaient pas passer du temps à rédiger des positions papers, parce que, pour eux, c’était obsolète au moment où ça sortait et qu’ils voulaient répondre aux besoins du moment. Donc, en fonction de l’actualité, ils changeaient leur mot d’ordre, leur position ».

Avaaz, opportuniste, oui, ils ne s’en cachent pas et, pour eux, il faut le prendre dans le sens positif : Avaaz est très réactif et agit sur des problèmes urgents.

On s’indigne vite mais on passe aussi très vite à autre chose…

Avaaz surfe donc sur la « tendance » du moment, mais le travail dans l’urgence implique un temps de réflexion plus court et une documentation forcément moins aboutie. Une urgence en appelant une autre, qu’en est-il une fois les actions terminées ?

Sur le site, la page « Temps forts » indique les différentes pétitions qui ont porté leurs fruits. Ces petits encarts sont très peu détaillés, sans analyse post-événement. De plus, il n’y a pas d’historique des campagnes : seules sont accessibles les campagnes récentes. Il n’y a pas de retour sur les situations pour voir comment elles ont évolué.

La dispersion des campagnes – qui traitent aussi bien du climat, que de la protection de l’environnement, en passant par les droits humains–, ne leur permet pas d’approfondir un sujet en particulier.

Par ailleurs, Avaaz revendique un certain nombre de victoires, dont il est difficile de vérifier si elles peuvent être attribuées directement à leurs pétitions. Prenons l’exemple de l’autoroute en Bolivie, repris d’une liste de succès d’Avaaz citée dans l’article« Nous avons dix millions de membres actifs dont un million en France » par Jean-Luc Martin-Lagardette, dont la construction aurait été empêchée grâce à Avaaz.

Ils le présentent de la manière suivante : « Avaaz a stoppé la méga-autoroute qui aurait tranché en deux les terres protégées des peuples indigènes de Bolivie ». Mais les peuples indigènes sont au nombre de trente-six d’après la constitution bolivienne. Le fait de parler de « terres protégées des peuples indigènes » sans spécifier de quels peuples il s’agit montre leur méconnaissance de la réalité bolivienne. Avaaz a-t-il seulement noué des contacts avec les peuples Chiman, Mojeño et Yuracaré, opposés à la construction de l’autoroute ? Accepteraient-ils que l’on se réfère à eux en ces termes ? Aussi, il n’est pas averé que la construction de l’autoroute ait été stoppée définitivement.

Le point de vue des citoyens ou des dirigeants ?

D’après nos renseignements, une opposition de points de vue est apparue rapidement. D’une part, la thèse « merveilleuse » d’un mouvement citoyen révolutionnaire qui contribue à améliorer le monde est relayée par leur site. D’autre part, plusieurs personnes s’interrogent dans des forums, par exemple, dans celui du site d’Agoravox, sur l’identité d’Avaaz et se méfient de cette organisation, en apparence si idéaliste.

Si on essaye de comprendre d’où vient cette méfiance vis-à-vis d’Avaaz, tout d’abord on doit admettre que l’organisation est peu transparente à plusieurs égards. Sur leur site, on apprend qu’Avaaz est financée par des dons privés et ne demande des subsides à aucun gouvernement.

Qu’Avaaz est enregistrée dans l’Etat du Delaware aux États-Unis (un paradis fiscal par ailleurs), mais que ses salariés sont répartis dans le monde. Ce sont à peu près les seules informations disponibles pour cerner l’organisation. En effet, on ne trouve aucun organigramme de la société. Il est donc impossible de savoir qui est responsable de quoi, seule une adresse mail générale est accessible. Concernant leurs comptes, on sait seulement qu’ils sont contrôlés une fois par an, par un audit financier.

Il y a aussi le fait qu’Avaaz, revendiquant son indépendance vis-à-vis de tout gouvernement, ne reçoit aucune subvention d’Etat ou d’organisations. Elle dit recevoir uniquement des dons privés, qui n’impliquent aucun contrôle, aucun programme définissant des objectifs précis à remplir, comme c’est le cas pour la plupart des ONG.

Mais ce qui laisse véritablement penser aux sceptiques qu’Avaaz joue le jeu des grandes puissances est leur positionnement en Syrie, qui prône clairement l’interventionnisme. Un article du Monde  [1] reprend le programme d’Avaaz pour la Syrie : « Reconnaître le Conseil national syrien (la principale plate-forme d’opposition), comme le représentant légitime du peuple syrien », ce qui impliquerait la rupture des derniers liens diplomatiques avec Damas ; « durcir les sanctions » contre le régime, au risque de pénaliser aussi la population et « instaurer une zone de sécurité pour les civils », ce qui supposerait, même si Avaaz ne le mentionne pas, une forme d’intervention militaire étrangère en Syrie.

Sans entrer dans un débat de type « théorie du complot », nous pouvons démystifier cette organisation. Avant d’être un mouvement citoyen révolutionnaire, Avaaz est une ONG de marketing, qui joue sur sa communication aromatisée et démagogique. Elle use de nombreux artifices et fait miroiter aux gens un monde qui serait meilleur grâce à elle. Vu l’adresse de leur communication, cela pourrait paraître paradoxal qu’ils ne communiquent pas sur l’association elle-même : qui a fondé Avaaz, qui sont ses directeurs, ses salariés, comment les contacter, comment sont-ils répartis dans le monde ? Ce mystère est peut-être sciemment entretenu…

[1Avaaz, le trublion de l’humanitaire, passe à l’offensive contre le régime syrien, par Benjamin Barthe et Laure Stephan publié le 10 mars 2012. 



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Nous vivons des temps épiques où des forces titanesques sont au combat et exigent que nous prenions place dans la lutte. Porteurs d’une demande de changement radical des règles du jeu mondial au nom des 99 %, les OWS et autres Indignés affrontent avec détermination et courage les violences des gouvernements démocratiques d’Occident. Qu’ils soient ou non l’ultime espoir de faire dérailler l’Empire, les 99 % auraient tout intérêt à les soutenir puisque, cela devrait être assez évident pour tous, le combat des Indignés pour la démocratie réelle et contre la toute-puissance de l’argent est aussi le nôtre, aussi flou et controversable qu’il soit encore. Leur apporter notre soutien signifie les rejoindre. L’idéal, serait que ce soit dans la rue, en se déclarant Indigné(e) à leur côté. Mais si nous n’avons pas le cœur à cela, sommes-nous pour autant condamnés ? A défaut de la rue, ne pourrions-nous les rejoindre dans le cyberespace ? Quelles sont les offres sérieuses de cyber-actions actuelles ? C’est ce que nous allons examiner en portant une attention critique à cette organisation en vogue qu’est Avaaz, afin de mettre en avant l’intérêt que pourrait représenter de véritables cybermanifestations citoyennes, non seulement pour le soutien immédiat aux OWS mais aussi, à plus long terme, pour le renouveau démocratique que nous appelons tous de nos vœux.

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Les cyber-actions, nous connaissons tous très bien. Pour l’essentiel, cela va consister en (a) l’utilisation d’e-mails pour interpeller des politiciens comme des hauts responsables quelconques, ou en b) des pétitions que l’on peut signer en ligne
 
On pourrait questionner ces formes d’action sous le rapport de la visibilité et de l’impact réel mais il ne faudrait pas oublier que les formes d’action traditionnelles se heurtent aux mêmes difficultés.
Car, plus que jamais, les médias ne véhiculent que ce qui leur convient. De sorte que même des manifestations monstres, comme il y en a eu il y a quelques années aux USA concernant la légalisation des drogues, peuvent être complètement passées sous silence.
 
De fait, c’est bien le problème que rencontrent actuellement les OWS et autres Indignés : ils n’ont qu’une médiocre visibilité médiatique.
 
C’est pour de toutes autres raisons que les Adbustersinitiateurs du mouvement OWS, ont adressé aux cyber-actions et à l’activisme internet en général (baptisé pour la circonstance « clicktivisme  ») unecritique très dure. Celle-ci visait avant tout la récupération des organisations de cyberaction par une forme de logique « audimat » aux effets désastreux.
 
Selon les Adbusters, ces organisations se sont laissées gagner par la logique et les techniques marketing qui sous couvert de démocratie contribueraient à la « domestication » des militants par a) l’avachissement inhérent au fait de croire que cliquer ici ou là constitue une forme suffisante d’action politique ou citoyenne et par b) l’affadissement de revendications soigneusement polies au travers de sondages d’opinion.
 
De fait, ce qui m’a incité à rédiger ce papier, c’est que j’ai reçu d’Avaaz un questionnaire destiné à définir son agenda 2012. Cette organisation de cyberactions est, en effet, engagée sur une multitude de fronts et se targue d’opérer « démocratiquement », en suivant les orientations de sa large base d’adhérents « de fait » — puisque signer une quelconque pétition d’Avaaz fait automatiquement de vous un adhérent.Pour ma part, j’ai participé depuis deux, trois ans à bon nombre de leurs actions, généralement basées sur une pétition en ligne avec une importante activité sur le terrain pour la mettre en valeur.
 
A première vue, avec plus de dix millions de membres, c’est un succès peu contestable. L’impact médiatique paraît aussi réel que la réussite des actions. On pourrait être tenté de suivre ce mouvement les yeux fermés en se demandant ce que les Adbusters peuvent bien y trouver à redire.
 
Tout cela est tellement progressiste (contre la discrimination et la victimisation des femmes, des homosexuels), écologique (contre le réchauffement climatique, le nucléaire, les OGM, la chasse aux baleines ou aux dauphins, la destruction de la nature en Amazonie ou ailleurs), humanitaire (famine au Soudan, et dans le monde), pacifiste (contre les armes nucléaires, contre la guerre en Irak) droidelomiste(défense du Tibet, contre la torture), libertaire (sauver l’Internet en France et ailleurs, droit aux médecines douces, soutien à Wikileaks, arrêt de la guerre à la drogue), démocratique (soutien aux printemps arabes),de bonne politique (contre la corruption, en Inde, en France, en Angleterre, contre les lobbies de Bruxelles, ou ceux des médias) et même polémique (pour une enquête sur la guerre à la terreur de Bush, pour un soutien à la flottille d’aide à Gaza, pour la reconnaissance de la Palestine comme Etat à l’ONU, contre les colonisations en Palestine), etc. !
 
Néanmoins, il ne faut pas chercher bien loin pour commencer à se poser des questions. Nul besoin pour cela de scruter le pedigree des géniteurs, Res Publica et MoveOn (ce dernier étant soupçonné de financement par Georges Soros).
Non, il suffit d’ouvrir les oreilles et les yeux pour repérer un certain nombre d’indices qui, bien que fragiles et parcellaires, esquissent un portrait un peu moins lisse qu’attendu... :
1) Pour commencer, il faut entendre le témoignage d’un ancien collaborateur d’Avaaz dont les propos recoupent parfaitement les critiques des Adbusters : marketing, opacité de l’organisation et de son fonctionnement. Ses questions insistantes lui vaudront pour toute réponse l’idée que Avaaz « mène des campagnes opportunistes en fonction de l’air du temps et  ne veut pas perdre du temps comme les organisations traditionnelles à réaliser des analyses poussées qui sont une perte de temps... »
2) Puis entendre ce que dit ce post d’un « citoyen engagé » au sujet du brillant CV du directeur exécutif ici en V.O : « Avaaz a été créé par Ricken Patel un anglo-canadien passé par la fondation Rockefeller, la fondation Bill Gates, consultant pour l’ONU — bref un agent du système mondial. A priori sûrement pas un révolutionnaire citoyen dans l’âme. La fondation Rockefeller apprend à manipuler des foules et nul doute que ce Ricken Patel en est devenu un expert. ». Dans le même registre, on pourra lire le forum du site cyberacteur.org.
3) Ensuite, il faut ouvrir les yeux sur l’étrange absence d’historicité des sites d’Avaaz. Vous pourrez constater qu’à partir de la page d’accueil, vous n’avez que l’actualité immédiate des actions, l’autocongratulation de première fraîcheur et l’appel aux dons ! Aucun plan du site, aucun outil de recherche et donc aucun accès aux anciennes pages qui permettraient de s’informer et de juger le plus objectivement possible de l’ensemble du répertoire des actions passées. Seuls des aperçus publicitaires très calibrés sont proposés dans la section « temps forts  ». Pour qui veut recoller les morceaux, il faut s’appuyer, comme je le fais, sur ce que la mémoire collective d’Internet a à offrir. Les millions de membres d’Avaaz apparaissent donc délibérément cantonnés à la réaction immédiate à une actualité brûlante traitée à coup de date-butoirs et de délais comptabilisés en heures plutôt qu’en jour. Tout se passe comme si Avaaz tentait avant tout de susciter chez chacun un réflexe citoyen dans le plus mauvais sens du terme, c’est-à-dire, celui qui fait appel à la moelle épinière et pas au cerveau.
4) A l’instar du prix Nobel de la paix Obama, Avaaz se présente comme pacifiste afin de légitimer d’autant mieux ses appels à la guerre. L’invitation à soutenir la demande à l’ONU d’une zone d’exclusion aérienne en Lybie était un parfait exemple de rhétorique impériale faite de démonisation et de médiamensonges. Il est sûr qu’Avaaz n’a pas ici perdu de temps en « analyses poussées ». Le texte, véritable copié-collé made in Pentagone est assurément l’expression d’un « opportunisme » fonction de « l’air du temps ». C’est lui qui m’a mis la puce à l’oreille après m’avoir pris au piège.
5) Comme le même type de rhétorique est utilisé actuellement vis-à-vis de la Syrie, on pourrait se demander (dans un accès de fièvre complotiste induit par Thierry Meyssan et/ou Michel Collon) si la finalité d’Avaaz ne serait pas avant tout de susciter un large soutien populaire pour les coups tordus de l’Empire ? Est-ce que Avaaz n’aurait pas pour stratégie — comme le dit si bien non666au sujet de Wikipedia en particulier et des médias en général — de nous mobiliser sur « 99% de choses sures et éprouvées pour pouvoir vendre le 1% de Version Officielle qui les arrange » ? Après avoir bâti la confiance de ses membres via un grand nombre de pétitions très consensuelles, Avaaz pourrait ensuite les amener à suivre plus aisément des actions aussi contestables que celles concernant la Libye ou la Syrie. Ce serait un détournement très fin mais très efficace de la démocratie participative.
6) Un facteur supplémentaire à prendre en compte, c’est le caractère vague, informe et donc assez inefficace des actions qui visent directement l’Empire. On pourrait dès lors penser qu’elles sont là avant tout pour dédouaner Avaaz de tout soupçon de collusion. Les OWS ont ainsi été soutenus par une déclaration langue de bois qui n’engageait à rien et qui était donc un parfait support de projection pour toutes les personnes de bonne volonté. La pétition visait le million de participants. L’objectif n’a pas été atteint. Elle est à l’heure où j’écris enlisée à 810.315 avec environ une nouvelle signature par heure. Si, de manière fort improbable, cet apport se maintenait, le million de signataires sera atteint dans 22 ans. Wall Street peut dormir tranquille. Il fera chaud avant qu'Avaaz ne demande la fin du système des réserves fractionnaires et la pleine souveraineté populaire sur la création monétaire.
7) Même à partir du seul contenu auto-promotionnel du site on pourrait penser qu’Avaaz est une vitrine officielle de la CIA. On peut en effet y lire que a) les activistes libyens (que l’on sait liés à Al Qaida) ont été équipés en matériel de communication et soutenus par Avaaz et que b) les médias alignés (CNN, BBC, Al Jazeera etc.), tambours des guerres de l’Empire, ont été directement alimentés par l’intermédiaire d’Avaaz. Un e-mail promotionnel d’Avaaz, outre qu’il précise les sommes en million de dollars engagées, fait en particulier mention de maisons secrètes destinées à protéger des dizaines d’opposants syriens. Sérieusement, qui peut mettre en œuvre des planques comme cela à part la CIA ? La pétition contre la torture en Syrie est visiblement du même tonneau : « si nous agissons maintenant, nous pouvons faire du sacrifice de Manhal la goutte d'eau qui fait déborder le vase et qui force le monde entier à se retourner contre le régime d'Assad ». Tout est dit. En Syrie, un individu supposément torturé doit amener la chute du régime quand, en même temps, les U.S.A s’autorisent la torture comme bonne pratique anti-terroriste sans qu’Avaaz n’y trouve rien à redire.
8) Dans le contenu auto-promotionnel évoqué ci-dessus, Avaaz annonce 30.000 donateurs (pour donner du poids) alors que son appel aux dons en page d’accueil en mentionne seulement 10.000 (pour faire pauvres courageux qui ont besoin d’aide). Il en ressort une impression decommunication tendancieuse, qui induit plus qu’elle n’informe véritablement. Dans ce registre « grosse ficelle », le meilleur c’est sans doute le fait que la pétition contre la torture en Syrie s’appuie prétendument sur un nouveau rapport « terrible » qu’Avaaz vient de « publier » mais qui est introuvable alors qu’il porte accusation de crimes contre l’humanité. On se croirait dans « Dark City  » (ancêtre de Matrix), avec des décors qui semblent de plus en plus en carton pâte. Tout aussi significatif dans ce registre, c’est le fait que le texte des pétitions, outre son caractère vague, attrape-tout et inoffensif vis-à-vis de l’Empire, pourrait aussi changer en cours de route ouvarier de l’e-mail d’appel à la page de signature sur le site comme cela semble avoir été le cas pour la pétition demandant un moratoire sur les OGM  !
9) Enfin, si on se risque à une lecture symboliste, on doit observer que le logo d’Avaaz représente laPangée, l’ancêtre unique de nos continents avant qu’ils ne se distancient les uns des autres avec la dérive des continents. Pangée veut dire « Toute la Terre ». Dans le contexte actuel de mondialisation et d’instauration d’un Nouvel Ordre Mondial cela n’est pas forcément innocent surtout si on observe que les couleurs d’Avaaz sont aussi celles d’Israël. Or, la capitale, Jérusalem est la ville dont Jacques Attali, qui n’est pas forcément le plus mal renseigné d’entre nous, disait (sur la très sérieuse chaîne TV du Sénat) qu’il était envisagé qu’elle deviennecapitale planétaire d’un gouvernement mondial... !
 
Conclusion : si l’on a Avaaz en tête, il semble aussi tentant d’adhérer à la critique que les Adbusters font du clicktivisme que de rester malgré tout séduit par le pouvoir d’influence dont attestent les nombreux succès de cette organisation.
 
Dès lors que faire ? Dans l’hypothèse où Avaaz serait bien un des plus récents instruments de l’Empire pour téléguider la populace vers une bienpensance politiquement correcte qui, toujours, passera à côté des véritables enjeux, faudrait-il s’interdire d’en faire usage, même ponctuellement, lorsque l’action proposée est d’une valeur peu contestable ? Par exemple, en Inde, venant à l’appui d’un large mouvement populaire, Avaaz a soutenu avec pétition et e-mails la grève de la faim de Anna Hazare qui exigeait un projet de loi anti-corruption. Le succès n’est pas venu d’Avaaz seulement, mais le fait de participer y a certainement contribué. Pour ma part, je l’avoue, je ne m’interdis pas encore de participer à des actions de cette nature, mais je ne saurais dire si c’est vraiment un bon choix.
 
Au demeurant, peu importe, Avaaz sert seulement ici à mettre le problème en contexte. La vraie question est de savoir si on accepte l’idée que nos luttes contre le système puissent se trouver renforcées par un usage lucide d’outils en provenance du système lui-même, comme Internet.
 
 Pour ma part, il me semble que, sur le fond, les Adbusters ont tort et qu’il n’y a pas à s’interdire de chercher à mobiliser les citoyens du monde dans le cyberespace. Dans cette perspective, bien sûr, on peut et on doit regarder d’emblée au-delà d’Avaaz, de son opacité et de ses probables manipulations, mais dans quelle direction ? Telle est la question.
 
Peut-on se satisfaire de l’offre de sites comme cyberacteurs.org qui, honnête autant que modeste, annonce quelque 50.000 abonnés avec des cyberactions qui peinent à atteindre la dizaine de milliers de participants (comme pour le moratoire sur l’extraction du gaz de schistes par exemple).
 
Même si son austérité et le caractère peu ostentatoire de son autopromotion rassurent sur la foncière honnêteté de la démarche, il est difficile de ne pas se questionner sur son efficacité. Face aux enjeux formidables de la crise actuelle, quel impact peut espérer le cyber-citoyen qui joint sa voix à une pétition ou cyberaction par e-mails dont il peut seulement espérer que le nombre de participants sera, au mieux, de cinq ou dix mille ? De fait, aucun groupe d’Indignés n’a cherché à mobiliser de ce côté. Indignes, il semble, selon les archives de Cyberacteur, que ce soit seulement les propos déformés du président Ahmadinejad qui le soient. Comme quoi, même sans lien direct avec l’Empire, on peut le servir à l’insu de son plein gré. Ne serait-ce qu’en dispersant l’action militante dans une multitude de directions ayant bien peu de chance d’atteindre le cœur du système ; sur ce point, la critique des Adbusters est particulièrement juste.
 
Au final, comprenant que les sites de cyberaction ayant actuellement pignon sur rue ne peuvent être, au mieux, que progressistes (humanistes, droidelomistes, écologistes, climatistes, minoritistes, etc.) donc utiles, certes, mais pas révolutionnaires, le citoyen qui ne se satisfait pas de la bonne conscience qui vient de la cyber(bonne)action peut difficilement échapper à la perplexité.
 
Même le relatif succès de la pétition des robindesbois.org laisse sceptique lorsqu’on comprend que son meilleur héraut est actuellement un certain Nicolas Sarkozy, qui fait actuellement cavalier seul pour la mise en place de la taxe Tobin sur les transactions financières. Ponctionner une, deux ou trois centaines de milliards de dollars sur le dos de la finance mondiale, c’est mieux que de fourrer de la graisse dans le cul des rassasiés (délicieux proverbe arabe), mais cela va-t-il changer le cours de la mondialisation ? Les nations occidentales étranglées par leurs dettes qui n’ont de souveraines que le nom, trahies par des gouvernants issus des cercles de l’Empire, vont-elles pour autant échapper à leur mise en esclavage programmée ? Il serait naïf de le croire !
 
Faudrait-il, comme les Adbusters, en conclure, qu’hors de la rue, point de salut ? Personnellement, je ne le pense pas. La rue ne suffit pas, elle ne suffit plus. Nous le voyons bien avec les OWS qui, non seulement peinent à rassembler, mais aussi à « occuper » l’espace public tant les violences étatiques et le silence médiatique contribuent à les faire disparaître de l’attention du public et donc de la réalité pure et simple.
 
Internet pourrait offrir un formidable espace de repli. Mais j’ai peur que la perspective négative des Adbusters sur le clicktivisme ne fasse que renforcer l’apparente indécision des OWS et autres Indignés. En effet, on a beau être admiratif devant le fourmillement de tentatives spontanées de la part des militants pour rassembler dans le cyberespace, l’absolue démocratie des OWS, sans leaders ou porte-paroles attitrés, fait qu’au final qu’ils ressemblent de plus en plus à ces bancs de poissons dont l’indécision croit avec la taille au point que l’éthologue allemand et prix Nobel Konrad Lorenz disait qu’à les observer, on en venait à perdre foi en la démocratie [1].
 
J’espère vraiment me tromper. Je voudrais sincèrement croire que la rue peut seule renverser le pouvoir de l’Empire dont, à l’évidence, nos gouvernements ne sont plus que des courroies de transmission, des guignols de l’info au sens littéral. Mais je ne le peux pas. Cela, pour toutes les raisons maladroitement présentées ici et  et qui se résument à l’idée qu’il nous faut rassembler, rassembler encore, rassembler les 99% avec les Indignés sachant que cela ne peut se faire dans la rue, parce qu’il n’y a pas assez de désespoir, de lucidité ou tout simplement de monde pour donner à chacun le courage de s’aventurer sur le bitume au risque de tout perdre.
 
Tant qu’il en est encore temps, tant qu’Internet est en accès libre, le rassemblement devrait être recherché dans le cyberespace car c’est là qu’il a le plus de chance d’être massif. Car, il faut le marteler, un rassemblement énorme, monstrueux et obstiné est la condition sine qua non de la visibilité sans laquelle il n’est pas de réussite. L’échec des gigantesques manifs anglaises, italiennes et espagnoles contre la guerre en Irak est une leçon qu’il ne faut pas oublier. Il nous faut viser bien au-delà du million de manifestants. Tout bien pesé, il me semble que seule une cybermanif permanente puisse sérieusement laisser espérer cela de la part des 99%.
 
Nous étudierons en détail ce qu'est une cybermanif efficace dans la seconde partie de l'article.


[1] Voir « L’agression, une histoire naturelle du mal » à la page 140 dans la version anglaise

 

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Published by Loukoum & Cie - dans Truc à savoir
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