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7 mars 2011 1 07 /03 /mars /2011 12:23

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L’élevage premier responsable des GES

 

En 2006, un rapport de la FAO indiquait que l’élevage était responsable de 18% des émissions annuelles des gaz à effet de serre (GES) dans le monde[1]. S’il existe des divergences sur les chiffres, le rôle de l’élevage dans les émissions des GES est incontestable.

Livestock's Long Shadow
L’élevage génère 9% du CO2 (déforestation pour l’extension des pâturages et des terres arables pour la culture fourragère, carburant, chauffage des bâtiments d’élevage...), 37% du méthane (fermentation entérique ie digestion des ruminants et fermentation des déjections animales) et 65% de l’oxyde d’azote (épandage d’engrais azotés).

L’émission d’une tonne de méthane a un effet équivalent à 25 tonnes de dioxyde de carbone (CO2) à 100 ans et un effet équivalent à 49 tonnes de CO2 à l’horizon 2050[2]. Une tonne d’oxyde d’azote a un effet équivalent à 275 tonnes de CO2 à 20 ans et à 296 tonnes à 100 ans[3].

En avril 2010, la FAO a publié un rapport sur la contribution spécifique du secteur laitier à l’émission de GES[4], qu’elle a évalué à 4% des émissions d’origine anthropique.
En France, 9,2% du total des émissions de GES sont attribuées à l’élevage selon l’évaluation du CITEPA. Il serait erroné d’en conclure que la contribution de l’élevage français à l’effet de serre est inférieure à la moyenne mondiale (18% selon la FAO) : en effet les deux organismes utilisent une méthodologie différente, de sorte que leurs chiffres ne sont pas comparables[5].

 

 

 

L'élevage ne se fait pas en forêt


L’élevage extensif et le soja exporté comme aliment du bétail sont la première cause de la déforestation selon Alain Karsenty, économiste au Centre de coopération internationale pour le développement et expert auprès de la Banque mondiale[6]. Après une enquête de 3 ans publiée en juin 2009, Greenpeace affirme que l’élevage bovin est responsable à 80% de la destruction de la forêt amazonienne[7].

Avec une superficie de six millions de kilomètres carrés, la forêt amazonienne est la plus grande zone de forêt primaire tropicale de la planète. Durant les quarante dernières années, 800 000 km2 de forêt amazonienne ont été détruits. Actuellement, ce chiffre est de 14 000 km2 par an et s’accélère à cause de l’augmentation de la production de viande qui oblige à gagner du terrain sur la forêt pour faire plus d’élevage.

L’Union européenne, dont la superficie des forêts augmente, est le 4e importateur de bovins derrière les USA, la Russie, et le Japon. En outre, 80% des importations de bovins de l’UE viennent d’Amérique du Sud. La France est le premier consommateur européen de viande bovine[8]. Ainsi la consommation de viande en Europe et en France est une cause de la déforestation en Amérique du Sud.

Cette déforestation, en pleine accélération, cause 20% des émissions mondiales de GES[9] (combustion massive de matière organique), perturbe le cycle de l’eau (la végétation et l’humus stockent et diffusent l’humidité) et réduit la biodiversité par la destruction de l’habitat de millions d’espèces végétales et animales. En outre, le compactage des sols, piétinés par le bétail, empêche les infiltrations d’eau et provoque des ruissellements qui érodent les sols et privent d’eau les derniers végétaux, rendant les terres inutilisables.

 

 

 

Les pâturages et les puits de carbone en France

 

Si les zones de pâturage constituent des puits de carbone, la reforestation également, et de manière plus efficace. Le bilan de gaz à effet de serre des prairies correspond à un puits modéré d’environ 1 tonne de carbone par hectare et par an ; par ailleurs, les prairies les plus exploitées par la fauche et le pâturage présentent la plus faible activité de puits de gaz à effet de serre[10]. D’un autre côté, une jeune forêt tempérée (hêtraie) se comporte globalement comme un puits de carbone d’environ 4 tonnes par hectare et par an[11].

 

 

Lutter contre le réchauffement par son alimentation

 

En octobre 2009, l’ancien vice-président de la banque mondiale, Lord Stern, auteur du rapport Stern sur l’économie du changement climatique publié en octobre 2006, déclarait au Times que « La viande crée beaucoup de GES. Le régime végétarien est meilleur [pour la planète][12] ». Le président du GIEC, Rajendra Pachauri, recommandait déjà en 2007 de réduire sa consommation de viande pour faire diminuer les émissions de GES[13]. Manger plus de végétaux et moins de viande est aussi un des conseils délivrés par La Commission Européenne pour lutter contre le réchauffement climatique[14]. Le rapport de Foodwatch[15] propose une illustration de l’effet sur le climat de 3 types de régimes alimentaires. Une alimentation sans produits animaux émet de 7 à 15 fois moins de GES qu’une alimentation qui contient de la viande et des produits laitiers.

 

Schéma montrant l'effet de serre selon l'alimentation

1. FAO, Livestock Long Shadow, 2006, p. 112.
2. Benjamin Dessus, Bernard Laponche et Hervé Le Treut, Réchauffement climatique : importance du méthane, 2008.
3. Less Meat, less heat, Impacts of Livestock on climate change, août 2008.
4. Greenhouse gas Emissions from the Dairy Sector: A Life Cycle Assessment, FAO, 2010
5. Lire Émissions de GES en France.
6. Laurence Caramel, « Lutte contre la déforestation : attention aux mirages », Le Monde, 27 octobre 2009.
7. Greenpeace, « En Amazonie », juin 2009.
8. FranceAgrimer, Les cahiers de FranceAgrimer, Données statistiques sur l’élevage, 2009.
9. Laurence Caramel, « Lutte contre la déforestation : attention aux mirages », Le Monde, 27 octobre 2009.
10. INRA, Le rôle positif des prairies dans le stockage du carbone, Fiche de Presse Info, 06 mars 2007
11. INRA, Le rôle des forêts dans le cycle du carbone, Fiche de Presse Info, 25 février 2008
12. « Climate Chief Lord Stern : give up meat to save the planet », The Times, 27 octobre 2009.
13. http://blog.rkpachauri.org/blog/4/Lifestyle-Changes-for-A-Healthy-Planet...
14. « Mangez des légumes ! La production de viande rejette à la fois plus de CO2 et de méthane et demande de grandes quantités d’eau. Les ruminants, comme les vaches, moutons et chèvres, sont de gros producteurs de méthane en raison de la manière dont leur système digestif assimile les aliments. » in http://ec.europa.eu/environment/climat/campaign/pdf/ppt3-notes-fr.pdf
15. The foodwatch report on the greenhouse effect of conventional and organic farming in Germany.

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Published by Loukoum & Cie - dans Truc à savoir
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