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20 décembre 2010 1 20 /12 /décembre /2010 06:19

Il s’agit de la lettre que le prisonnier Edgar Kupfer-Koberwitz a écrite à un ami alors qu’il se trouvait à Dachau à endurer toutes les atrocités et que la mort se saisissait des prisonniers d u camp jour après jour.

 

 

 

Cher ami,

Tu me demandes pourquoi je ne mange pas de viande et pour quelle raison j’agis de la sorte. Peut-être penses-tu que j’ai fait vœu de pénitence qui me prive de tous les plaisirs glorieux de manger de la viande. Tu penses aux steaks goûtus, aux poissons savoureux, aux jambons parfumés, aux sauces et autres mille merveilles qui font le délice des palais humains : pour sûr que tu te souviens de la délicatesse du poulet rôti.

Tu es surpris et tu demandes : Mais pourquoi ? Et pour quelle raison ?

Tu t’interroges avec une curiosité extrême et tu penses deviner la réponse.

Mais si moi, à présent, j’essaie de t’expliquer la véritable raison en une phrase concise, tu seras à nouveau surpris en découvrant combien tu es loin du véritable motif.

Ecoute : je refuse de manger des animaux, car je ne peux me nourrir de la souffrance et de la mort d’autres créatures.

Je refuse de le faire parce que j’ai tellement souffert que les souffrances des autres me renvoient à mes propres souffrances.

Je sais ce qu’est la félicité, et ce qu’est la persécution. Si personne ne me pourchasse, pourquoi devrais-je pourchasser les autres êtres ou m’arranger à ce qu’ils le soit ? Je sais ce qu’est la liberté et ce qu’est la captivité.

Je sais ce qu’est la protection et ce qu’est la souffrance.

Je sais ce qu’est le respect et ce que c’est que de tuer.

Si personne ne me veut du mal, pourquoi devrais-je faire du mal à d’autres créatures ou permettre qu’on leur en fasse ?

N’est-il pas naturel que je n’inflige pas à d’autres créatures ce que j’espère on ne m’infligera pas ? Ne serait-ce pas extrêmement injuste d’agir ainsi pour un motif physique superflu au détriment de la souffrance d’autrui et de la mort d’autrui ?

Ces créatures sont plus faibles et plus fragiles que moi. Peux-tu seulement imaginer qu’un homme doté de raison et de nobles sentiments veuille baser sur cette souffrance la revendication ou le droit de pouvoir abuser de plus faible et de plus petit que lui ? Ne crois-tu pas que ce soit précisément le devoir du plus grand, du plus fort, du supérieur que de protéger les créatures plus faibles au lieu de les persécuter et de les tuer ?

Je me souviens de l’époque horrible de l’Inquisition et je regrette devoir te dire que le temps des tribunaux contre les hérétiques n’est pas terminé, que jour après jour, les hommes cuisinent dans de l’eau bouillante d’autres créatures, qui ont été mises, impuissantes dans les mains de leurs bourreaux.

Débattant, souriant, proposant de grandes idées et faisant de beaux discours, l’Européen moyen commet chaque jour toute sorte d’atrocité, non parce qu’il y est contraint, mais parce qu’il le veut bien. Non pas, que la faculté de réflexion, la prise de conscience des choses horribles, lui fasse défaut. Oh ! Que non. Il ne veut pas se rendre à l’évidence, faute de quoi, il en serait molesté et dérangé dans ses plaisirs.

Je sais que les gens considèrent certains actes en relation avec la boucherie comme étant inévitables. Mais cela est-il vraiment nécessaire ? La thèse peut être contestée. Peut-être existe-t-il une sorte de nécessité pour ces personnes qui n’ont pas encore développé une pleine et consciente personnalité. Je ne leur fais pas de sermons, je t’écris à toi une lettre, je l’adresse à un individu responsable qui maîtrise de manière rationnelle ses pulsions, qui est conscient de ses actes, qui sait que la Cour Suprême est notre conscience et qu’il n’y a pas voie de recours.

Est-ce nécessaire qu’un homme responsable soit contraint de bouchoyer ?

Si tel était le cas, chaque individu devrait avoir le courage de le faire de ses propres mains. Ce n’est pas juste de payer autrui pour exécuter ce travail taché de sang alors que l’homme normal en serait horrifié et choqué.

Je pense que les hommes seront tués et torturés aussi longtemps que les animaux seront tués et torturés. Je pense qu’il y aura toujours des guerres, car l’éducation et le perfectionnement dans le fait de tuer doit être appliqué moralement et pratiquement sur des êtres faibles. Je pense que les prisons existeront tant que les animaux seront encagés. Car pour mettre les prisonniers en cage, il faut s’entraîner et se perfectionner moralement et pratiquement sur des êtres sans défense.

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Published by Loukoum & Cie - dans Truc que j'aime
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