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8 avril 2012 7 08 /04 /avril /2012 10:06

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Le premier axe d'action : éliminer la déforestation

Champs gagnant sur la forêt

Qu'est-ce qu'on appelle la déforestation ?

La déforestation, c'est la destruction de forêts, souvent anciennes, essentiellement dans l'hémisphère sud (Amérique du sud, Afrique, Asie), et leur remplacement par pâturages, des cultures agricoles, des habitations, des routes, etc. Il arrive aussi que la forêt ancienne, dont les arbres sont des espèces locales - à pousse "normale" ou lente, soit remplacée par des plantations d'arbres à pousse rapide - dans le but d'exploiter leur bois.

Quelles sont les conséquences de la déforestation ?

La déforestation est responsable de la destruction d'espèces animales et végétales. Cette destruction va parfois jusqu'à l'extinction totale. Cela arrive soit directement - par destruction de l'ensemble des specimens d'une espèce végétale, soit indirectement - si une espèce animale ne vit que dans un environnement végétal et climatique particulier, et que son habitat naturel est détruit par la déforestation. Pour citer quelques exemples connus, plusieurs espèces de Gorilles (gorilles des plaines de l'ouest, gorilles de montagnes) sont menacées, en partie à cause de la destruction de leur habitat naturel. La disparition des forêts d'Asie constituant leur habitat est la principale raison pour laquelle le Panda Géant et les Gibbons sont menacés.

 

Pour les humains habitant dans ou près des forêts attaquées par la déforestation, et dont l'existence est liée à ces forêts, cette déforestation correspond à la suppression de leur environnement et de leurs moyens de subsistance. Ils seront alors contraints à se déplacer vers des endroits non menacés - s'il en reste.
Premiers habitants des forêts, ils devraient pourtant avoir un "droit" dessus, par rapport à ceux qui ne voient la forêt que comme une source de profits. Les associations voulant stopper la déforestation prônent parfois l'entretien de la forêt par les populations autochtones, et au minimum leur association à la prise de décision des modes de gestion de cette forêt.

Enfin, la déforestation est responsable d'émissions importantes de gaz à effet de serre, entre 20 et 25% des émissions mondiales. Les forêts sont des "réservoirs de carbone", car les arbres sont essentiellement composés de carbone, "stocké" dans les fibres du bois. Lorsque l'objectif recherché est de libérer la surface au sol pour faire de l'élevage ou des cultures, la forêt est souvent brûlée : cela libère la terre rapidement, et les cendres enrichissent la terre, mais l'ensemble du carbone "stocké" dans les fibres du bois est alors émis dans l'atmosphère.

Les forêts sont-elles des poumons verts ? Quelques rappels pour mettre les choses en perspective.

Oui, les forêts constituent des poumons verts si elles sont jeunes. On pensait que non, pour les plus anciennes, mais en fait, peut-être bien que oui. Surtout pas, si on les brûle. Il faut donc d'abord sauvegarder les vieilles forêts, puis reboiser lorsque c'est possible là où elles ont été détruites, et pourquoi pas, en planter d'autres.

Pour être plus précis :

  • On pense que les forêts anciennes ne sont pas des "poumons verts", car elles émettraient environ autant de gaz à effet de serre qu'elles en absorbent : elles seraient à l'équilibre. En effet, les études montrent généralement que les arbres qui absorbent le plus de CO2 sont les arbres en croissance, via le mécanisme de photosynthèse, qui leur permet fabriquer bois et feuilles, et ainsi de croître. Les vieux arbres ne croissent plus et donc n'absorbent presque plus de CO2. Quand aux arbres morts, ils se décomposent et, ce faisant, émettent des gaz à effet de serre, surtout du méthane. Les forêts anciennes, contenant quelques arbres jeunes, beaucoup d'arbres anciens et quelques arbres morts, seraient donc à l'équilibre. Il était donc couramment admis - jusqu'à présent - qu'elles ne constituaient pas des poumons verts, mais qu'il ne fallait pas les détruire pour deux autres raisons : leur richesse en biodiversité, et la quantité de carbone déjà absorbée, qu'elles stockent et qui sont donc rejetée dans l'atmosphère lorsqu'on les détruit.
  • Une étude relativement récente semble montrer que même les forêts anciennes, dites matures, absorberaient de grandes quantités de carbone, elles sont donc toujours des poumons verts !
  • Les forêts "en croissance" - qui ont moins de 150 ans - quand à elles, on  toujours été considérées comme les "poumons verts" de la planète, car la majorité de leurs arbres sont encore en période de croissance.
  • Les forêts - toutes ? - font donc partie des "puits de carbone", c'est-à-dire des espèces ou mécanismes qui, sur la Terre, absorbent globalement du CO2. Le plancton océanique, les coraux, les tourbières constituent d'autres importants "puits de carbone".
  • Les "puits de carbone" contribuent à diminuer la quantité de CO2 dans l'atmosphère. Mais il existe aussi des "sources de carbone" naturelles (non liées à l'activité humaine) : la fermentation des végétaux, la respiration des bactéries, des animaux et des végétaux. Puits et sources sont à l'équilibre, si l'on ne prend pas en compte de la déforestation.
  • Ce sont les émissions supplémentaires de CO2 et de GES engendrées par l'activité humaine - dont la déforestation - qui sont responsables de l'augmentation de la concentration de GES dans l'atmosphère, et donc des dérèglements climatiques.

En résumé :

  • 20% des surfaces de forêts ont été détruites depuis les années 1960
  • L'ensemble des forêts amazoniennes pourraient avoir disparu d'ici 2070 si les choses continuent ainsi
  • Le processus de déforestation a d'abord pour pour effet de rejeter dans l'atmosphère le CO2 contenu par les fibres de bois des arbres
  • Et ensuite, de détruire les poumons verts de la planète, puisque la surface de forêts se réduisant, leur action de "puits de carbone" diminue !

Alors, lutter contre la déforestation, une priorité pour réduire les émissions de gaz à effet de serre ?

On l'a dit, les émissions dues à la déforestation sont estimées à environ 20 à 25% des émissions d'origine humaine : 25% des émissions dans les années 90 selon le Ministère de l'Ecologie (autre lien ici), 20% selon Greenpeace ou selon la très officielle Convention-Cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CNUCC).

Ce constat place la déforestation dans le peloton de tête des activités responsables d'émissions de gaz à effet de serre, à un niveau comparable avec celles du transport, de la production et de l'usage d'énergie, de l'industrie ou de l'agriculture, qui tournent toutes autour de 20%.

Par ailleurs, il me semble que les solutions à mettre en œuvre sont relativement simples, par rapport à certains autres secteurs (l'urbanisme, au hasard), c'est pourquoi j'ai choisi la déforestation comme premier axe d'action. Il s'agit avant tout de protéger les forêts déjà existantes, pas besoin de mettre en œuvre des solutions technologiques avancées !

Comment peut-on agir contre la déforestation ?

La situation est plus complexe qu'il n'y paraît. S'il est facile de dire qu'il faut prioritairement protéger les forêts anciennes, chaque région du monde dans laquelle la déforestation sévit a ses propres problématiques et nécessite des solutions particulières. Le site de la Cimage en donne quelques unes. Il reste cependant possible d'agir individuellement, par ses choix de consommation - et qui ne consistent pas à faire des investissements importants mais simplement à se renseigner sur ce que l'on achète afin d'éviter certains achats, et d'en privilégier d'autre. Cela implique cependant des choix qui bousculent notre façon de consommer. Du point de vue de la politique de lutte globale contre la déforestation, je parlerai des pistes existantes à ma connaissance.

Dans le cas du commerce de bois exotique : le problème vient du bois braconné, d'origine illégale, mais alimentant toute une économie indispensable à la survie de bon nombre de personnes. Il est difficile pour les états concernés de lutter contre cette économie seuls s'ils ne veulent pas priver leurs populations de sources de revenus, tant qu'il existe des débouchés pour ces bois illégaux et que les acheteurs peuvent trouver d'autres fournisseurs, dans d'autres pays.

  • Logo FSC Logo PEFC
    A titre individuel, il faut arrêter d'acheter du bois exotique s'il n'arbore pas une preuve qu'il provient d'une forêt "bien gérée", donc dont les méthode de gestion sont approuvées par un organisme transnational (labels FSC et PEFC, dont les logos sont présentés ci-contre). Il arrive que ces certifications soient accordées malgré des procédés regrettables, mais elles sont globalement reconnues, et c'est toujours une assurance plus grande qu'un bois sans certification. Le plus simple est bien sûr d'acheter prioritairement du bois "local", d'une variété européenne, car il n'y a pas de problèmes de déforestation en Europe : la déforestation se produit essentiellement en Asie, Afrique et Amérique du sud. Notez que les bois locaux peuvent également être certifiés FSC ou PEFC, autant choisir ces bois lorsqu'on le peut.
  • A l'échelle politique, il ne s'agit pas d'interdire abruptement le commerce de bois exotique, mais d'accompagner les évolutions des pratiques des consommateurs, afin d'empêcher que le bois exotique issu d'activités illégales ou détruisant la forêt puisse trouver des débouchés commerciaux dès lors qu'il existe une alternative légale. Par conséquent, il faut également encourager la création des alternatives légales, de forêts entretenues avec la population locale, ainsi que, bien sûr, les offres de bois européens certifiés. Et faire passer la préservation des forêts avant tous les intérêts commerciaux. Pour cela, tous les moyens sont bons : accords internationaux pour en interdire l'exportation et lutter contre la coupe illégale des arbres, engagement des enseignes de bricolage et des fabricants de meubles à n'acheter que du bois certifié ou de filières contrôlées, partenariats internationaux pour établir des filières légales...

Dans le cas de l'extension des surfaces d'élevage et agricoles :

  • A titre individuel, il faudra éviter de consommer des produits contenant des éléments issus des régions concernées (céréales, viandes ayant consommé des céréales provenant de régions déforestées, huile de palme...).
    L'huile de palme, par exemple, est présente dans de nombreux produits en remplacement de produits gras plus chers et plus nobles : cosmétiques, chocolat, sardines en boîte, plats industriels... La production d'huile de palme est en grande partie responsable de la déforestation en Indonésie.
    Le soja - majoritairement transgénique - dont la production est l'une des responsables de la déforestation en Amérique du Sud (Brésil essentiellement, et Argentine), sert essentiellement à nourrir les bœufs Européens ou Américains pour la production de viande.
    Iil faut choisir des produits qui ne contiennent pas ces composants responsables de la déforestation : chocolat fait avec du bon beurre de cacao plutôt que de l'huile de palme, éviter le bœuf nourri avec du soja provenant d'Amérique du sud (et si possible certifié AB ou écolabel Européen), tout en évoluant vers une alimentation moins carnée (pour permettre à tous les humains de continuer à manger), ne plus acheter de produits cosmétiques contenant de l'huile de palme...
  • Au niveau politique, il ne s'agit pas de décider unilatéralement d'empêcher l'extension des surfaces d'élevage et agricoles, il s'agit de trouver un arbitrage entre ces besoins d'extensions et la protection de la forêt. Un arbitrage qui tendra, je l'espère, avec les changements de consommation des pays occidentaux et leur aide active, vers la sauvegarde d'un maximum de surfaces de forêt. Car il s'agit dans le même temps de tenir compte des besoins des populations locales, ainsi que le dit le site de la Cimage : « La restauration d'un équilibre ne sera possible que si, avec beaucoup d'humilité, les responsables du développement de ces régions privilégient les petits projets, utilisant des techniques connues des populations locales et élaborées avec elles. En l'absence de prise de conscience sur les dangers de la disparition du couvert forestier, et en l'absence de réponse apportée au besoin de développement agricole, aucun projet d'envergure ne peut aboutir, quels que soient les moyens financiers mis en oeuvre. » (...) « Satisfaire les besoins des populations locales est un préalable indispensable à la mise en place de projets qui tiennent compte les besoins des populations, parfois très éloignées de ces zones, voire des objectifs d'intérêt planétaire. »

Petite précision : quels sont les bois exotiques ?

Les bois exotiques sont les bois qui ne poussent pas en Europe, mais en Amérique-du-Sud, en Asie et en Afrique : wengé, acajou, ebene, teck, amarante, balsa, palissandre pour ne citer que les plus connus (et désolé pour les amateurs d'instruments de musique, pour qui ces bois sont difficiles à éviter). Il faudra donc privilégier tout simplement : chêne, bouleau, pin, hêtre, charme, érable, acacia, merisier, noyer, orme, tilleul, il y a du choix !

Conclusion

Voici pour un aperçu des raisons de la déforestation, des impacts que cela a sur l'environnement et les humains, ainsi que des possibilité qui s'offrent à nous pour changer cela.

Une fois le problème de la déforestation résolu (hop), ou plutôt une fois que les solutions auront été définies et que les initiatives seront lancées, sur quoi agir ensuite ?

Ensuite, j'agirais sur un secteur dont on vient de voir qu'il a des liens avec la déforestation, un secteur vital pour l'humanité, un secteur dont les objectifs politiques n'ont pas été redéfinis sérieusement en Europe depuis la fin de la seconde guerre mondiale, mais dont les impacts environnementaux et humains sont gigantesques : l'agriculture.

Pour en savoir plus :

Le site de la Cimage : http://www.cimage-ltd.com/deforesn.html

La fiche de presse de l'INRA sur le cycle du carbone : http://www.inra.fr/presse/role_forets_cycle_carbone

Le communiqué du CNRS sur l'importance des forêts anciennes en tant que puits de carbone : http://www2.cnrs.fr/presse/communique/1415.htm

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Published by Loukoum & Cie - dans Truc Ecolo
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