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2 septembre 2012 7 02 /09 /septembre /2012 17:07

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Posté le 24 juin 2008 dans la catégorie:A la Une, Rubriques. Vous pouvez suivre les réponses via le fil RSS 2.0.
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Il y en a un qui aurait sans doute mieux fait de tourner sa langue sept fois avant de parler.

Les propos du patron de Nestlé dans le Financial Times d’hier risquent de faire des vagues.

Peter Brabeck a ouvertement appelé l’Union européenne à assouplir sa position sur les organismes génétiquement modifiés, pour lutter contre la crise alimentaire.

Une position qui en ravira certains, mais qui risque de susciter des appels au boycott des produits du géant de l’alimentaire, ou de jeter un doute sur l’origine de ses matières premières.

 

 

 

 

 

«On ne peut pas nourrir la planète sans OGM. Nous avons les moyens de rendre l’agriculture durable à long terme. Mais on ne voit pas aujourd’hui de volonté politique.»

Pour Brabeck, la position européenne a conduit de nombreux pays africains à rejeter les OGM.

«L’UE a fait pression en Afrique pour empêcher certains pays d’utiliser des OGM.» Sous-entendu, c’est à cause de l’Europe que les prix alimentaires grimpent sur le continent et que des émeutes de la faim surviennent.

Brabeck en a remis une louche.

«[Les OGM] sont l’une des technologies les plus sûres que l’on a vu jusqu’à présent. Bien plus sûre que la nourriture bio, organique ou n’importe quelle autre à la mode en Europe.»

A Bruxelles, on a peu apprécié.

Contacté par le Financial Times, le Commissaire européen au commerce, Peter Mandelson, a balayé l’argument: «L’Afrique peut cultiver tout ce qu’elle veut, mais comme ses exportations alimentaires sont destinées à l’UE, il est clairement dans son intérêt de s’adapter à ce marché.»

Un marché dont les consommateurs ne sont pas (encore?) prêts à accepter de se nourrir d’OGM, que le patron de Nestlé le veuille ou non.


En s’attaquant à une cible facile (tout le monde déteste les bureaucrates Bruxellois, c’est bien connu), le patron du groupe Nestlé oublie que l’une des raisons de la crise alimentaire est aussi la priorité aux cultures exportatrices, au détriment de l’agriculture vivrière, imposée par les institutions financières internationales pour alléger la dette des pays africains.

Brabeck oublie aussi que les gouvernements des pays du Sud font l’objet d’une forte pression des Etats-Unis et des semenciers comme Monsanto pour planter des OGM.

Pression, pour pression… une vulgate de la guerre économique.


En tout cas, Brabeck a démontré tout le respect qu’il porte à ses consommateurs.

Car la firme profite à fond de la flambée des prix alimentaires, notamment en Afrique.

A l’échelle mondiale, Nestlé a connu un “exercice d’anthologie” l’an dernier, avec un bénéfice en hausse de 15,8% sur un an.

Et le premier trimestre préfigure un nouveau record pour 2008!

L’activité alimentation et boissons a connu en 2007 une hausse de 9,6% en Asie, Afrique et Océanie, et de 14% au premier trimestre 2008…

Avant d’appeler à soumettre les agriculteurs africains à la dictature des semenciers, le patron de Nestlé ferait bien de balayer devant sa porte.

Moi, dorénavant, dans les étals, j’y regarderai d’un peu plus près.

 


NB. Merci à Olivier F., un fidèle lecteur, de m’avoir signalé ce sujet, qui m’avait échappé!

 


Denis Delbecq

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Published by Loukoum & Cie - dans Truc Consom’actons !
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