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29 janvier 2012 7 29 /01 /janvier /2012 07:57

une fois n'est pas coutume, ce post est "personnel"

mais je pense que cet homme merveilleux, bon, généreux, que j'ai toujours adoré et que j'adore toujours, que j'ai toujours admiré et que j'admire encore, mérite ce petit hommage

j'ai tellement de souvenirs, que de moments complices partagés !

tu étais une belle personne papi

tu me manques

 

 

 

 

je partage donc un article le concernant et qui le décrit assez bien

 

source : link

 

 

 

 

ESPACE MARCEL ROGER

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Le Samedi 25 Octobre 2008, l'hospice Saint Eloi situé 11 place de l'ancien rivage à Arras est devenu l'Espace Marcel Roger en hommage à l'ancien adjoint au maire de 1971 à 1994, décédé le 18 Janvier 2008, qui fut l'inventeur du quartier Méaulens et  président d'honneur du conseil d'administration de l'AGAEM
Pour en parler, son collègue et ami Bernard BELLGUEULLE dont nous citons ci-après le discours lors de cette cérémonie en présence de trés nombreux élus.

 

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Que ce soit géographiquement, philosophiquement ou politiquement, vous êtes venus de tous les horizons (parfois même de très loin,  puisque je vois parmi vous quelques amis allemands de la ville d'Herten),  pour rendre aujourd'hui un hommage ô combien mérité et très attendu à un homme,  à un militant et à un élu d'exception : MARCEL ROGER. 

 

Marcel, homme resté humble jusqu'à son dernier jour, le 18 janvier 2008, Marcel dont l'idéal et les convictions communistes ont tenu une place essentielle dans sa vie, Marcel l'humaniste, donnant un sens profond à chacun de ses nombreux engagements électifs,  associatifs et syndicaux.

 

Plutôt que de m' étendre sur les dates de sa longue biographie, permettez-moi tout d'abord de  mettre l'accent sur ce qui, aux yeux de toutes celles et tous ceux qui l'ont connu, aimé ou même combattu, caractérisait avant tout notre Marcel et en ont fait un homme particulièrement attachant, apprécié et respecté : à savoir ses profondes qualités humaines. 

Qui d'entre vous n'a jamais salué à un moment ou à un autre de sa vie, sa simplicité,  sa discrétion, son désintéressement, son sens de l'écoute, son attention sincère aux autres, son esprit d'ouverture, sa probité, sa volonté inlassable de rassembler et de rapprocher les points de vue.

 

Ainsi, en dépit des lourdes responsabilités publiques qu'il a exercé, Marcel était resté dans son mode de vie un "homme et un citoyen comme les autres", un homme se méfiant par dessus tout des honneurs factices, des démonstrations excessives et de la démagogie.

La modestie était sa force. La modestie, c'était Marcel. 

Les plus âgés d'entre nous se souviennent sans doute de cette période où il venait d'être élu adjoint de Guy Mollet à la mairie d'Arras.

Pendant de longues années avant de s'offrir sa petite Renault 5, il se déplaça en vélosolex. La plupart de ses journées commençaient très tôt.

Quand il n'allait pas écouter ou soutenir des salariés en lutte à la porte des entreprises, il faisait systématiquement un détour dans son jardin ouvrier pour prendre soin de ses carottes,  de ses haricots ou de ses  pommes de terre.

Il était aussi fier des endives qu'il cultivait dans sa cave. Ses fameux chicons !

Je me souviens aussi de son visage s'illuminant lorsqu'il avait réussi à libérer une journée dans un emploi du temps particulièrement chargé pour s'offrir une bonne partie de pêche avec les copains.

Qu'il fut en présence d'un ministre, d'un préfet ou d'un camarade de sa cellule communiste… je le vois encore sortir de sa poche un paquet de tabac pour rouler une cigarette ou fumer sa Gitane maïs. 


Réclamé de partout - le Parti / la mairie / les associations -  Marcel a souffert, je le sais, de n'avoir pas su ou pas pu être un mari et un père suffisamment présent à la maison.

Je sais aussi que vous ses trois enfants, Claudine, Danièle et Michel, vous gardez surtout aujourd'hui dans votre cœur, l'amour qu'il vous témoigna invariablement et l'attention soutenue qui a toujours été la sienne tout au long de vos études.

Il était fier de votre réussite sociale et professionnelle, et aussi très heureux de ce cadeau merveilleux que vous lui avait offert à l'automne de sa vie : 5 petits enfants et 6 arrière petits enfants.


Le Marcel de tous les jours, c'était aussi un petit Ricard à l'heure de l'apéritif, la lecture quotidienne de la Voix du Nord et de l'Humanité, les mots croisés avant une petite sieste et la passion pour les livres d'histoire et les biographies.



o Le Marcel de tous les jours, ce fut évidemment et durant 64 années consécutives, son engagement communiste !

C'est en septembre 1944, à 22 ans, qu'il rejoint le Parti de la classe ouvrière et des transformations sociales pour lui être indéfectiblement fidèle jusqu'à sa dernière heure.  Que de joies tout au long de ce parcours militant si riche, de ce parcours militant aux facettes multiples. 

La joie de diriger la section d'Arras du PCF pendant 23 années avec clairvoyance, détermination et créativité.

Et toujours dans le respect des hommes, des différences et des principes fondateurs. 

La joie de réussir en 1971 l'un des premiers accords d'union de la gauche de France (un an avant la signature du programme commun), avec Guy Mollet l'homme d'État et le député maire socialiste de l'époque. 

La joie de prendre, à partir de ces années-là, les responsabilités difficiles de l'urbanisme et de la culture au sein de la direction municipale. 

Monsieur Vanlerenberghe nous apportera sans doute son éclairage sur les traces impérissables que Marcel a laissées dans cette ville, dans ce quartier et dans bien des esprits arrageois.

 

Permettez  moi simplement de m'appuyer sur deux témoignages pour vous rappeler à quel point, il fut un élu d'envergure, un décideur courageux, un rassembleur, un homme sensible à la souffrance et à toutes les formes de misère humaine.

 

Le témoignage de Christian Bulté, tout d'abord, l'animateur social, pendant de longues années, chargé de la rénovation urbaine des quartiers Méaulens et Saint-Géry,  qui avant de devenir les résidences les plus convoitées de la Ville, connurent l'insalubrité. 

 

Je cite Christian : "C'était un plaisir d'avoir Marcel Roger comme "patron", entre guillemets. Il était très à l'écoute des habitants au point d'associer le comité de défense des expropriés à la réunion mensuelle de coordination en mairie. Il assistait avec patience aux réunions publiques salle du Coclipas, sachant peu à peu transformer une assistance  houleuse en véritables soirées d'échange. Il commença l'opération par la création d'une Zone d'Aménagements Différés pour lutter contre la spéculation immobilière. En effet, une ZAD donne  à la commune le droit de préemption, c'est à dire une priorité dans les acquisitions d'immeubles en vente par des particuliers pour mieux maîtriser le foncier. Faire du logement social en centre ville est un acte politique fort auquel j'étais heureux de participer. Marcel insista sur la qualité de l' architecture qu'il voulait différente des habituelles barres ou tours HLM".

 

Marcel fut aussi, de 1971 à 1983 adjoint au maire chargé de la culture.

"Bombardé" à ce poste à l'âge de 49 ans, il me confessa un jour qu'il ne fut pas tranquille les premiers temps de ce mandat, car ses origines modestes et sa formation ne l'avaient pas forcément préparé à cette fonction. 

Mais à force d'un travail collectif acharné, à force d 'écoute et de rencontres, il se forgea une conviction que résume magnifiquement ces mots de Jean Vilar, fondateur du Théâtre National Populaire et du festival d'Avignon : " La culture, ce n'est pas ce qui reste quand on a tout oublié, mais au contraire, ce qui reste à connaître quand on ne vous a rien enseigné."

 

Ainsi naquirent les inoubliables "Semaines culturelles d'Arras" qui marquèrent  les années 70 dans les quartiers ouest et sud de la ville.

Et puis comme le rappelait fort justement Monsieur Bernard Sénéca devant Marcel Roger lui même, lors de l'inauguration de l'Office culturel d'Arras  au début des années 2000 "Marcel Roger et Jean D'Hôtel, deux hommes aux sensibilités politiques si lointaines, mais unis par un amour viscéral de leur ville et doués de l'intelligence de ceux qui savent dépasser les dogmatismes, avaient imaginé cet Office Culturel. En dépit du soutien de Catherine Génisson et de Gérard Barbier, cet office  n'avait pu voir le jour. Tout le mérite vous revient Monsieur le Sénateur Maire d'avoir su  donner corps à  cette idée innovante lancée par Marcel. Il eut le fair-play et  la tolérance de vous en être reconnaissant. L'essentiel pour lui étant que le dynamique tissu associatif dispose d'outils comme l'AGAEM et de moyens pour accroître son rayonnement et toucher le plus grand nombre de nos concitoyens.


Je viens d'évoquer les nombreuses joies qu'a connues Marcel tout au long de sa vie d'homme debout et  de communiste.

Mais il connut aussi les peines et les souffrances évidemment.


Je n'en retiendrai que deux qui l'ont profondément marqué.

L'assassinat à Achicourt du jeune militant communiste Marc Lanvin dans la nuit du 29 au 30 juin 1968 lors d'un collage d'affiches, puis bien sûr la chute de l'URSS, même s'il espéra longtemps que Mickaël Gorbatchev réussisse  la transformation d'un système rongé par le stalinisme.

Pour autant, sa foi en un monde meilleur, en un monde débarrassé du Cac 40, en un monde où la condition humaine serait une préoccupation universellement partagée l'anima jusqu'à ce vendredi 18 janvier 2008 où il partit rejoindre les étoiles.


Il faut dire aussi que Marcel a toujours veillé à ne pas s'enfermer dans les limites, parfois étroites, des réunions partisanes.

Son engagement communiste n'avait de sens que s'il était en prise directe avec le réel,  avec tout ce qui fait la vitalité et le mouvement de la société, au milieu de ceux qui combattent à leur manière pour changer concrètement la vie et le cours des choses. 

Ainsi  retrouvait-on notre Marcel au Secours Populaire Français où il participait à de nombreuses actions de solidarité, dans les rangs de l 'Association des anciens combattants de la Résistance ou de France Russie  où il se mobilisait  contre les guerres et en faveur de l'amitié entre les peuples.

Il était également au premier rang de nombreuses associations culturelles, là où il pouvait militer pour un développement des pratiques artistiques et amateurs. 

Je pense bien sûr aux amis du théâtre, aux Rosati, aux Amis de Robespierre ou à l'Harmonie d'Arras… et bien d'autres encore. 

Et puis comment évoquer la mémoire et les engagements citoyens et progressistes de Marcel sans parler  de son implication syndicale au sein de la CGT.

Quelques jours avant sa mort, il défilait encore sous une banderole pour défendre les droits et les acquis des retraités…


Enfin, Mesdames, Messieurs, chers amis, il me tient à cœur d'évoquer devant vous trois autres aspects de la personnalité de Marcel .

 

D'abord son désintéressement total.

Faut-il rappeler que pendant ses 23 années de mandat d'adjoint au maire il a reversé à son parti plus de 80% de ses indemnités d'élu.

Ensuite, sa profonde sensibilité et sa grande émotivité qu'il dissimulait souvent sous une apparente froideur ou distance. 

Et puis bien sûr sa remarquable discrétion.

À la veille de ses 86 ans, n'a t-il pas définitivement tiré sa révérence en ayant préalablement exprimé la volonté  que son décès ne soit annoncé publiquement qu'après son incinération…


L'hommage unanime et sincère que nous te rendons aujourd'hui t'aurait sans doute gêné, mon cher Marcel, mais pour une fois nous ne tiendrons pas compte de ta modestie.

 

Le  sens que tu as donné à ta vie, tes engagements, ton abnégation méritaient que nous nous rassemblions tous pour penser fortement à toi et pour saluer ton parcours exceptionnel. 

Du fond de mon émotion, je tiens à vous dire Monsieur le Sénateur-Maire ainsi qu'à votre conseil municipal unanime un grand merci pour avoir pris cette excellente initiative de rebaptiser ce lieu : "Espace Marcel Roger".

On ne pouvait mieux faire pour immortaliser l'action d'un homme qui a fait honneur à la politique et qui aura écrit une belle page de l'histoire d'Arras, et de ce quartier.


Mesdames et Messieurs, je vous propose enfin  de transformer vos applaudissements en un moment de recueillement autour d'un poème d'Aragon dédié au résistant Gabriel Péri et revisité pour Marcel et lu  pour nous par Elizabeth Charpentier.
Je vous remercie de votre attention.

Bernard Belgeulle
Samedi 25 octobre 2008

 

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Published by Loukoum & Cie - dans Truc que j'aime
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commentaires

pierrot rochette 11/02/2013 16:16

Très émouvant et vrai votre hommage à votre grand-père
d'une humilité et d'un humanisme exemplaire, selon les témoignages de ceux et celles qui l'ont connu:))

Dans le cadre de mon vagabondage poétique,

blogues-musée pertinents mais aléatoires

pour mon oeuvre littéraire pertinente mais aléatoire,



permettez-moi de vous offrir une de mes chansons

GRAND-PÈRE LEFEBVRE

COUPLET 1

quand mon grand-père Lefebvre
descendait la côte St-Louis

c’était pour voir ma mère en plein hiver
pis surtout moé son premier tout petit

y sortait les poubelles
y pelletait la neige de son entrée
pour elle

REFRAIN

C’était un silencieux
mon beau
mon mystérieux pépère
du genre toujours heureux

COUPLET 2

on aurait dit qu’pour lui
juste de s’asseoir s’une chaise berçante
pis d’écouter ma mère

parler d’son quotidien
de tout de rien
de ses espoirs, de son mari d’amour en bien
de ses chagrins du jour, bénins

ça donnait à sa pipe
de la bonté pour prendre soin d’ma grippe

COUPLET 3

asteure que j’ai son âge
pis que les enfants de Toronto m’appellent
the real Santa Clauss

que je descend les rues
comme si son âme remplaçait
mes forces disparues

la fumée en auréole au dessus d’ses ailes
la chaise berçante ouateux nuage
dans l’bleu du ciel

Pierrot
vagabond céleste

www.enracontantpierrot.blogspot.com
www.reveursequitables.com

www.demers.qc.ca
chansons de pierrot
paroles et musique

sur google,
Simon Gauthier, conteur, video vagabond celeste

merci:)))

Loukoum & Cie 02/08/2013 18:51



... merci ... 






aeschelmann charlotte 29/01/2012 10:25

bonjour,
Merveilleux hommage à votre grand-père, à le lire, il méritait effectivement un tribute ; petit bémol, avec tous les messages à lire sur la Toile, un condensé aurait plu à mon emploi du temps et
mes méninges ...
Tschussi
charlotte A.

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