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4 mars 2012 7 04 /03 /mars /2012 08:01

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28 février 2012, 16 h 56

 


Soja_Cerrado
Monoculture intensive de soja dans le Cerrado (Brésil), une région autrefois luxuriante
© Peter Caton / WWF

Alors que le salon de l'agriculture vient d'ouvrir ses portes, le WWF France sort un rapport intitulé "Viandes : un arrière goût de déforestation" qui dénonce la dépendance de la France aux importations de soja pour l'alimentation des volailles et du bétail et démontre que l'expansion de cette culture en Amérique du Sud dégrade les écosystèmes de ce continent.

 

 

 


La culture de soja, cause de déforestation

La culture de soja produit des graines dont sont issus de l'huile de consommation mais aussi et principalement des aliments pour le bétail sous forme de tourteau. La demande en soja explose, entrainée par l'augmentation des besoins en viande et produits dérivés (laitages, oeufs, etc.) et l'intensification des élevages basée sur le modèle du couple maïs-soja en alimentation animale.


Pour répondre à cette demande mondiale, ses vingt dernières années, la production de soja a plus que doublée. Cependant c'est en Amérique du Sud que l'augmentation est la plus forte en ayant doublé en moins de dix ans autant en surface qu'en production. Aujourd'hui, la culture du soja occupe plus d'un million de kilomètres carrés dans le monde, une surface équivalente à celle de l'Égypte.


Malgré des progrès importants en termes de productivité, c'est avant tout par la destruction de la végétation native sud-américaine que les surfaces de cultures se développent et continueront à se développer.


Or, nous avons tendance à oublier que le bétail français est nourri avec de grandes quantités de matières premières issues de monocultures intensives qui participent à la déforestation.


Principalement destiné à nos élevages, le soja, issu de monoculture intensive en Amérique du sud, est aujourd'hui la matière première alimentaire la plus importée en France. Le rapport "Viandes : un arrière goût de déforestation" du WWF France révèle que nos besoins en soja représentent l'équivalent de la superficie de deux départements français comme la Gironde et les Landes.

 

 


Le Cerrado, un joyau brésilien oublié qui disparaît

Au Brésil, les surfaces de production de Soja sont passées de 1,7 millions à 21,7 millions d'hectares en à peine 40 ans. Cet accroissement exponentiel a généré une déforestation massive de la forêt atlantique jusqu'à l'Amazonie. Le Cerrado, savane boisée brésilienne de 2 millions de km² (1/5ème du Brésil) hébergeant 5% de la biodiversité mondiale avec plus de 5000 espèces endémiques, est aujourd'hui l'éco-région la plus touchée par l'expansion de la culture du soja. 49% de sa surface a d'ores et déjà disparu au profit des cultures intensives.


Cette déforestation en plus d'entraîner une perte importante de la biodiversité et une érosion des sols massive, accélère également le dérèglement climatique et perturbe fortement le cycle de l'eau en augmentant les sécheresses.


Outre les conflits sociaux qu'elle provoque avec les communautés locales, la culture du soja est une monoculture intensive qui entraîne une forte augmentation de l'usage des intrants chimiques en Amérique du sud. 70 à 75% de la production mondiale de soja est génétiquement modifiée ce qui généralise l'utilisation d'un pesticide : le glyphosate(1).

 

 


Les importations de soja en chiffres

En 2010, la France importait 4,6 millions de tonnes de soja sous forme de tourteaux, d'huile, de graines de farine et de sauces. 90 % de ces volumes étaient destinés à l'alimentation animale principalement sous forme de tourteaux et 70 % provenaient directement d'Amérique du sud. La France est aujourd'hui la 3ème importatrice mondiale de soja brésilien.


Les besoins d'un français pour satisfaire son alimentation carnée représentent l'équivalent de la superficie d'un terrain de basket de culture de soja.


La filière avicole (volaille et œuf) absorbe 58% du soja destiné à l'alimentation animale. 30% sont destinés à la filière bovine, notamment pour les vaches laitières, et 12% pour l'élevage porcin.

 

 


Alternatives locales et certification RTRS Non OGM, des solutions concrètes

Alors que des actions sont entreprises contre des produits entrainant la déforestation comme le papier, le bois et l'huile de palme, les démarches mises en place concernant la problématique du soja dans l'alimentation animale se font attendre. Elles existent pourtant et nous permettraient de réduire notre empreinte écologique liée au soja.


Alors que la mascotte du salon de l'agriculture, la vache « Valentine » broute de l'herbe sur les affiches, la majorité des autres bovins, dans les élevages français, sont nourris aux céréales et au soja importé sans réelles garanties environnementales.


Comme c'était le cas par le passé, le WWF France rappelle dans son rapport que la France pourrait aujourd'hui nourrir son bétail avec des aliments issus de cultures produites durablement nécessitant moins ou aucun apport d'engrais azotés tel que le pois, la luzerne, la féverole, le lupin, le lin mais également le soja produit localement, le tournesol ou encore le colza.


Pour le soja restant à importer, il existe diverses certifications comme la RTRS garantissant une production qui n'est pas issue de nouvelle conversion d'habitats à haute valeur de conservation, utilisant de meilleures pratiques agricoles, et s'assurant que le travail est effectué de façon éthique et dans le respect de la revendication des terres. Cette certification est un premier pas vers la durabilité des approvisionnements en soja. De plus ce soja certifié peut être tracé NON OGM.

 

 


Le WWF France appelle les entreprises françaises concernées par l'utilisation de soja d'importation à agir et mettre en place une démarche de progrès

Le WWF France, a envoyé ce jour un courrier aux 40 principales entreprises utilisatrices de soja (des traders aux distributeurs en passant par les coopératives) pour les alerter sur l'impact du soja au Brésil et les appeler à mettre en place un politique préférentielle pour le soja RTRS non OGM et les alternatives locales.


Le consommateur peut lui aussi agir en ré-équilibrant ses apports en protéines animales, consommées aujourd'hui en excès par rapport aux protéines végétales et ainsi contribuer à la réduction d'utilisation de soja pour la production de viande.

 


Notes

  1. Principale matière active de l'herbicide total « roundup –ready » appliqué sur les OGM,dont la toxicité sur l'homme est avérée.

Auteur

Organisation mondiale de protection de la nature

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Published by Loukoum & Cie - dans Truc Consom’actons !
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