Truc Consom’actons !

Mercredi 3 juin 2009
je transmets


De Anne-sophie • 01 juin 2009 •


Nous vivons une époque bizarre…


D’un côté on nous vante les produits bio et équitables dans tous les sens - à un tel point que les citoyens non convaincus de la cause en viennent à penser

qu’il s’agit de stratégies marketing…


Et de l’autre, la crise aidant,

c’est la course au discount...


Entre les “VIP Paulette” à gogo croisés dans le métro parisien il y a 10 jours pour l’un, et la campagne qui suit ci-dessous pour l’autre, c’est assez affolant…





En pleine contradiction

Ce qui me choque ici, c’est Jean-Pierre. Ben oui, Jean-Pierre quoi. En pleine contradiction.


Dans la préface d’un excellent livre que j’ai pu découvrir il y a peu (et que je vous recommande vivement!! - AMAP, Replaçons l’alimentation au coeur de nos sociétés, de Maud David-Leroy et Stéphane Girou, éd. Dangles), M. Coffe estime en effet que les “pouvoirs publics nationaux et régionaux (…), plutôt que de favoriser l’implantation des enseignes de la grande distribution à la périphérie des villes (…) devraient encourager l’implantation de maraîchage et d’arboriculture sur les surfaces encore disponibles.”


Selon lui, “le développement des Associations pour le Maitien d’une Agriculture Paysanne (AMAP) est la preuve que les citoyens sont prêts à devenir des “consommacteurs” responsables et conscients de leur pouvoir (…). Ces associations permettent aux citoyens de se regrouper autour de thèmes justes et nécessaires: fraternité et connivence. Les AMAP encouragent les relations sociales, le besoin d’attachement à une cause. Les échanges sont certes financiers, ils sont aussi culturels“.


Certes, comme il le précise en fin de préface, “les AMAP ne peuvent pas être raisonnablement considérées ni comme l’avenir de l’agriculture ni la panacée pour se nourrir” mais elles permettent “à un grand nombre de citoyens de prendre conscience de la nature, de l’environnement, d’apprendre, de tisser de vrais liens avec les autres et peut être de croire à un monde meilleur sans que ce ne soit utopique


 


Or cette campagne publicitaire, essentiellement faites d’annonces radio et de panneaux publicitaires (dont vous pouvez entendre un extrait audio en suivant de lien ou sur le site de la grande surface), assène que “dépenser, c’est dépassé” et qu’il ne faut plus “payer n’importe quoi à n’importe quel prix”… Ainsi, vivre moins cher devient un “goût” (”le goût de vivre moins cher”) et de toute manière, “c’est pas l’prix qui fait l’goût”… En gros, il faut “profiter de la crise pour acheter mieux, chercher le moins cher mais le bon moins cher…


Dans le fond, ces slogans (et notamment le dernier) ne sont pas bien différents de ce que les écolos savent tous: quand on mange bio, local et de saison, on consomme autrement, mieux et cela coûte moins cher (personnellement en tout cas, c’est une réalité!).


Depuis quelques mois, il n’y a qu’à voir le nombre de reportages sur les modes de vie écolo et le système D pour comprendre qu’un comportement plus écolo est aussi souvent plus économe. Si la crise en amène certains à être plus écolo parce qu’ils cherchent à faire des économies, c’est donc une bonne chose…


Ceci étant, une alimentation différente implique une fréquentation beaucoup plus limitée des  grandes surfaces. On a donc moins de tentation, et on ne consomme pas les mêmes produits surtout.


Le  juste prix

Ainsi, le hic dans cette campagne promue par notre cher Jean-Pierre, c’est que le discount cache aujourd’hui la vraie valeur des choses et n’aide pas la cause écologique. Les campagnes qui surfent sur la crise font penser que l’alimentation peut être bonne lorsqu’elle est au rabais. Ce dont je doute fortement. Et ce qui est assez déplorable.


Du point de vue du coût avant tout: certes le porte monnaie y gagne dans les discounts, mais c’est  le seul gagnant.


Quid des distances parcourues pour avoir ces produits au rabais ?

Quid des producteurs ? 

Des conditions sociales de fabrication ?

De la quantité de pesticides utilisées ?

Des impacts environnementaux ?


En somme, commme l’exprime Walter Bouvais dans l’édito du dernier numéro de Terra Eco, “le prix ne dit strictement rien du ‘coût écologique et social’ de notre consommation“.


Or il est temps de nous affranchir de ce réflexe et de nous interroger.

Le meilleur prix n’est-il pas le “juste” prix ? Celui qui rémunère les producteurs équitablement en leur donnant la possibilité de vivre de leur travail; celui qui intègre notre production de déchets et le coût de leur traitement?






au prix juste, qui intègre les dimensions économique, écologique et sociale sous-jacentes à la production d’un produit, c’est comprendre qu’au-delà de la “valeur ajoutée” se trouve une “valeur ajoutée sociétale”


Nos choix de consommation ont un vrai pouvoir et il est temps de se poser les vraies questions : la part du budget alimentaire ne cesse de diminuer dans la répartition des dépenses des français (depuis 1960, la part du budget attribuée à l’alimentation est passée de 30% à 15%, soit une diminution de moitié!), alors que celle attribuée aux loisirs numériques et aux médias (achat d’un appareil multimédia, télé, téléphone mobile, lecteur DVD…) a augmenté  de 54% en 10 ans (1997-2007, chiffres du CREDOC).


Enfin, rappelez vous l’adage: ne dit-on pas que nous sommes ce que nous mangeons?


Du melon charentais origine Maroc ou Espagne???

Certes les produits bio restent chers aujourd’hui. Le comparatif effectué dans le dernier Terra Eco en est la preuve même (p.44/45): pour un même panier de biens, la somme dépensée en version “premier prix” est de 48,59 euros. Elle est de 120 euros en version bio. Plus de deux fois plus élevée.


Et là réside toute la difficulté du message écolo. Comment faire comprendre que le produit non bio coûte pourtant plus cher que le produit bio et local? Plus cher pour la planète, avec les quantités d’eau utilisée par l’agriculture intensive? Plus cher en termes écologiques (pollution de notre environnement notamment)? Plus cher pour notre santé (avec les dépenses induites sur le long terme)? Comment faire comprendre que le bio, c’est aussi plus de main d’oeuvre (et d’emplois!), que c’est moins d’additifs alimentaires, que c’est plus nourrissant, etc…?

Même si les supermarchés, discount ou non, lancent aujourd’hui leur gamme de produits bio, il demeure que ce bio vient de loin, qu’il ne prend pas en compte la pollution induite par son transport, et qu’il est perdu dans une masse d’offre qui elle, reste hermétique à toute problématique écologique…


Sans compter que la dite campagne radio de notre cher Jean-Pierre passait ce week end, par exemple, une promo spéciale pour les 2 melons charentais origine Maroc à 1 euro


Le défi aujourd’hui n’est donc pas tant de promouvoir le “boycott”, mais bien plutôt le “buycott”  (1), il ne s’agit pas de “déchanter les mangeurs” mais de “réenchanter l’alimentation” (2). Il s’agit aussi de comprendre que “mieux manger” ne rime pas avec “dépenser plus”… Ainsi, le mieux de la campagne publicitaire de notre cher Jean-Pierre n’est peut être pas le meilleur… et pour vous, et pour les générations futures.

 

 

++ Notes ++

(1) S. Dubuisson-Quellier et C. Lamine, “L’action sur les marchés comme répertoire pour l’action politique », contribution au colloque « Les mobilisations altermondialistes”, Paris, 3-5 décembre 2003

(2) Claude Fishler et Estelle Masson, “Manger”, Odile Jacob, 2008, cité dans le livre de Maud David-Leroy et Stéphane Girou.

++ Liens ++

++ Livres ++

AMAP, Replaçons l’alimentation au coeur de nos sociétés, de Maud David-Leroy et Stéphane Girou, éd. Dangles.

La consommation Engagée, de S. Dubuisson-Quellier, Sciences-Po Presse.

 

Par Loukoum & Cie
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Lundi 1 juin 2009
Les fraises venues de Chine
génèrent 20 fois plus d’équivalent pétrole
que celles cultivées en France.






Par Loukoum & Cie
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Lundi 1 juin 2009



Marre de dépenser des sommes vertigineuses sur eBay dans le but de remeubler votre appartement ?

Fatigué de négocier un prix avec un vendeur pour sa chaîne hi-fi  en panne ?

ConsoRécup, filiale du site de petites annonces Digitroc.com, pourrait être la solution qui vous convient. Le principe du site est simple : Tout est à 0 euros. Bien entendu, à ce prix là, il ne s’agit pas d’articles neufs, mais d’objets dont les propriétaires voudraient se débarrasser sans forcément avoir à les jeter, pour en faire profiter quelqu’un d’autre en ayant besoin.


Ainsi, on trouve de tout et de rien sur ce site, du simple kit main libre pour téléphone portable au canapé convertible en passant par l’ordinateur complet, les pièces informatiques ou la chaîne Hi-Fi.


Rien n’est à vendre, tout est à donner, cela constitue donc une solution avantageuse pour, d’une part, ceux souhaitant se débarrasser de vieux objets en rendant service, d’autre part, ceux voulant faire des affaires sur Internet sans payer.


Découvrir ConsoRécup

 

 

Par Loukoum & Cie
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Lundi 4 mai 2009

En quelques points, acheter bio et de saison, c’est :

 

- favoriser la qualité alimentaire et vivre en bonne santé ;
- encourager une économie locale et créer des emplois qui ont du sens ;
- participer à la préservation des terres nourricières, à la sauvegarde de la biodiversité et à l’activité des paysans à côté de chez soi ;
- réduire les transports des produits et infléchir le réchauffement climatique ;
- participer à une répartition équitable des richesses ;
- développer la diversité des modes de vies et des terroir.

 

link

 

 

Légumes de Saison

  Janv Fev Mars Avril Mai Juin Juill Août Sept Oct Nov Dec
Artichauts              
Asperges                
Aubergines              
Betteraves
Brocolis            
Carottes          
Céleris              
Choux            
Choux-fleurs              
Choux de Bruxelles              
Concombre            
Côtes de Blettes          
Courges                  
Courgettes              
Endives              
Epinards        
Fenouils            
Haricots              
Laitues                  
Maïs                      
Navets          
Oignons
Poireaux            
Petits pois                    
Poivrons                  
Pommes de Terre
Radis            
Salades        
Tomates              

= périodes de récolte et de consommation

 

Fruits de Saison

  Janv Fev Mars Avril Mai Juin Juill Août Sept Oct Nov Dec
Abricots                  
Cassis                  
Cerises                  
Coings                    
Fraises                
Framboises            
Groseilles                    
Kiwis                
Mandarines                
Melons                
Mirabelles                    
Mûres              
Myrtilles                
Nectarines                    
Oranges                
Pêches                
Poires      
Pommes    
Prunes                
Pruneaux                    
Raisins                  
Rhubarbes                    

= périodes de récolte et de consommation
Par Loukoum & Cie
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