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28 août 2012 2 28 /08 /août /2012 07:19

 

 

 

 

 

 

 

 

Discours prononcé par Martin Luther King, Jr, sur les marches du Lincoln Memorial, Washington D.C., le 28 août 1963.

 

 

 

 

Five score years ago, a great American, in whose symbolic shadow we stand signed the Emancipation Proclamation. This momentous decree came as a great beacon light of hope to millions of Negro slaves who had been seared in the flames of withering injustice. It came as a joyous daybreak to end the long night of captivity.

Il y a cent ans, un grand américain, qui jeté sur nous aujourd'hui son ombre symbolique, a signé la Proclamation d'Emancipation. Cet arrêté d'une importance capitale venait porter lumière, comme un phare d'espoir, aux millions d'esclaves Noirs marqués par les flammes d'une injustice foudroyante, et annonçait l'aube joyeuse qui allait mettre fin à la longue nuit de la captivité.


  

But one hundred years later, we must face the tragic fact that the Negro is still not free. One hundred years later, the life of the Negro is still sadly crippled by the manacles of segregation and the chains of discrimination. One hundred years later, the Negro lives on a lonely island of poverty in the midst of a vast ocean of material prosperity. One hundred years later, the Negro is still languishing in the corners of American society and finds himself an exile in his own land. So we have come here today to dramatize an appalling condition.

Mais un siècle plus tard, nous devons faire le constat tragique que les Noirs ne sont pas encore libres. Un siècle plus tard, la vie des Noirs reste entravée par la ségrégation et enchaînée par la discrimination. Un siècle plus tard, les Noirs représentent un îlot de pauvreté au milieu d'un vaste océan de prospérité matérielle. Un siècle plus tard, le Noir languit toujours dans les marges de la société américaine, des exilés dans leur propre terre. Alors nous venons ici aujourd'hui pour dramatiser notre condition effroyable.


  

In a sense we have come to our nation's capital to cash a check. When the architects of our republic wrote the magnificent words of the Constitution and the declaration of Independence, they were signing a promissory note to which every American was to fall heir. This note was a promise that all men would be guaranteed the inalienable rights of life, liberty, and the pursuit of happiness.

Nous venons à la capitale de notre nation pour demander, en quelque sorte, le paiement d'un chèque. Quand les architectes de notre république écrivirent les textes magnifiques de la Constitution et de la Déclaration d'Indépendance, ils signèrent un billet à l'ordre de chaque américain. C'était la promesse que chacun serait assuré de son droit inaliénable a la vie, à la liberté et à la poursuite du bonheur.


  

It is obvious today that America has defaulted on this promissory note insofar as her citizens of color are concerned. Instead of honoring this sacred obligation, America has given the Negro people a bad check which has come back marked "insufficient funds." But we refuse to believe that the bank of justice is bankrupt. We refuse to believe that there are insufficient funds in the great vaults of opportunity of this nation. So we have come to cash this check -- a check that will give us upon demand the riches of freedom and the security of justice. We have also come to this hallowed spot to remind America of the fierce urgency of now. This is no time to engage in the luxury of cooling off or to take the tranquilizing drug of gradualism. Now is the time to rise from the dark and desolate valley of segregation to the sunlit path of racial justice. Now is the time to open the doors of opportunity to all of God's children. Now is the time to lift our nation from the quicksands of racial injustice to the solid rock of brotherhood.

Il est aujourd'hui évident que l'Amérique a manqué à cet engagement quant à ses citoyens de couleur. Au lieu de faire honneur à cette obligation sacrée, l'Amérique a passé au peuple Noir un chèque qui revient marqué "sans provisions". Mais nous ne saurons croire que la banque de la Justice a fait faillite. Nous ne saurons croire qu'il n'y a plus suffisamment de provisions dans les grands coffres d'opportunité nationaux. Alors nous venons exiger paiement contre ce chèque, paiement sur demande des richesses de la liberté et de la sécurité que procure la justice. Nous venons également à cet endroit sacré pour rappeler à l'Amérique l'urgence absolue du moment. Ce n'est pas le moment de prendre le luxe de laisser calmer les esprits, ni de nous laisser endormir par une approche gradualiste. Il est temps de quitter la vallée sombre et désolée de la ségrégation pour prendre le chemin ensoleillé de la justice raciale. Il est temps d'ouvrir les portes de l'opportunité à tous les enfants de Dieu. Il est temps de tirer notre nation des sables mouvants de l'injustice raciale jusqu'au rocher solide de la fraternité.


  

It would be fatal for the nation to overlook the urgency of the moment and to underestimate the determination of the Negro. This sweltering summer of the Negro's legitimate discontent will not pass until there is an invigorating autumn of freedom and equality. Nineteen sixty-three is not an end, but a beginning. Those who hope that the Negro needed to blow off steam and will now be content will have a rude awakening if the nation returns to business as usual. There will be neither rest nor tranquility in America until the Negro is granted his citizenship rights. The whirlwinds of revolt will continue to shake the foundations of our nation until the bright day of justice emerges.

Que la nation ne tienne pas compte de l'urgence du moment, qu'elle sous-estime la détermination des Noirs, lui serait fatal. Cet été étouffant du mécontentement légitime des Noirs ne prendra fin qu'à l'arrivée d’un automne vivifiant qui amènera liberté et égalité. L'année 1963 n'est pas une fin, mais un début. Ceux qui veulent croire que les Noirs seront satisfaits seulement de s'exprimer avec force auront un fâcheux réveil si la nation revient aux affaires habituelles comme si de rien n'était. L'Amérique ne connaîtra ni repos ni tranquillité tant que les Noirs ne jouissent pas pleinement de leurs droits civiques. Les orages de la révolte continueront à secouer les fondations de notre pays jusqu'au jour où la lumière de la justice arrivera.


  

But there is something that I must say to my people who stand on the warm threshold which leads into the palace of justice. In the process of gaining our rightful place we must not be guilty of wrongful deeds. Let us not seek to satisfy our thirst for freedom by drinking from the cup of bitterness and hatred.

Mais il y a quelque chose que je dois dire à mon peuple, qui est sur le point de franchir le seuil de la justice. En luttant pour prendre notre juste place, nous ne devrons pas nous rendre coupables d'actes injustes. Ne buvons pas de la coupe de l'amertume et de la haine pour assouvir notre soif.


  

We must forever conduct our struggle on the high plane of dignity and discipline. We must not allow our creative protest to degenerate into physical violence. Again and again we must rise to the majestic heights of meeting physical force with soul force. The marvelous new militancy which has engulfed the Negro community must not lead us to distrust of all white people, for many of our white brothers, as evidenced by their presence here today, have come to realize that their destiny is tied up with our destiny and their freedom is inextricably bound to our freedom. We cannot walk alone.

Nous devons toujours conduire notre lutte dans un haut souci de dignité et de la discipline. Nous ne pouvons pas laisser notre protestation créative dégénérer en violence physique. Encore et encore, nous devons atteindre ce niveau exalté où nous opposons à la force physique, la force de l'âme. Le militantisme merveilleux qui a pris la communauté noire ne doit pas nous amener à nous méfier de tous les Blancs, puisque beaucoup de nos frères Blancs, on le voit par leur présence içi aujourd'hui, se sont rendus compte que leur destin est lié au nôtre, et que leur liberté dépend étroitement de la nôtre. Nous ne pouvons pas marcher seuls.


  

And as we walk, we must make the pledge that we shall march ahead. We cannot turn back. There are those who are asking the devotees of civil rights, "When will you be satisfied?" We can never be satisfied as long as our bodies, heavy with the fatigue of travel, cannot gain lodging in the motels of the highways and the hotels of the cities. We cannot be satisfied as long as the Negro's basic mobility is from a smaller ghetto to a larger one. We can never be satisfied as long as a Negro in Mississippi cannot vote and a Negro in New York believes he has nothing for which to vote. No, no, we are not satisfied, and we will not be satisfied until justice rolls down like waters and righteousness like a mighty stream.

Et quand nous marchons, nous devons jurer d'aller toujours de l'avant. Nous ne pouvons pas faire demi-tour. Il y en a qui demandent aux fervents des droits civiques, "Quand serez-vous satisfaits?" Nous ne saurons être satisfaits tant que nous ne pouvons pas laisser nos corps fatigués se reposer dans les motels des routes ni les hôtels des villes. Nous ne saurons être satisfaits tant que les Noirs ne peuvent bouger que d'un petit ghetto à un ghetto plus grand. Nous ne saurons être satisfaits tant qu'un Noir en Mississippi n'a pas le droit de voter et qu'un Noir à New York ne voit rien pour lequel il peut voter. Non, non-nous ne sommes pas satisfaits, et nous ne serons satisfaits que le jour où la justice se déchainera comme les eaux, et que la rectitude sera comme une fleuve puissante.


  

I am not unmindful that some of you have come here out of great trials and tribulations. Some of you have come fresh from narrow cells. Some of you have come from areas where your quest for freedom left you battered by the storms of persecution and staggered by the winds of police brutality. You have been the veterans of creative suffering. Continue to work with the faith that unearned suffering is redemptive.

Je ne suis pas sans savoir que certains d'entre vous arrivent ici après maintes épreuves et tribulations. Certains d'entre vous viennent directement des cellules étroites de prison. Certains d'entre vous viennent des régions où votre quête pour la liberté vous a laissés meurtris par les orages de la persécution et renversés par le vent de la brutalité policière. Vous êtes les véterans de la souffrance créative. Persévérez dans l'assurance que la souffrance non-méritée vous portera rédemption.


  

Go back to Mississippi, go back to Alabama, go back to Georgia, go back to Louisiana, go back to the slums and ghettos of our northern cities, knowing that somehow this situation can and will be changed. Let us not wallow in the valley of despair.

Retournez au Mississippi, retournez à l'Alabama, retournez à la Géorgie, retournez à la Louisiane, retournez aux ghettos et quartiers pauvres de nos villes du Nord, en sachant que cette situation, d'une manière ou d'une autre, peut être et sera changée. Ne nous complaisons pas dans la vallée de la désespoir.


  

I say to you today, my friends, that in spite of the difficulties and frustrations of the moment, I still have a dream. It is a dream deeply rooted in the American dream.

Je vous dis aujourd'hui, mes amis, que malgré les difficultes et les frustrations du moment, j'ai quand même un rêve. C'est un rêve profondement enracinée dans le rêve américain.


  

I have a dream that one day this nation will rise up and live out the true meaning of its creed: "We hold these truths to be self-evident: that all men are created equal."

J'ai un rêve qu'un jour, cette nation se lèvera et vivra la vrai signification de sa croyance: "Nous tenons ces vérités comme allant de soi, que les hommes naissent égaux."


  

I have a dream that one day on the red hills of Georgia the sons of former slaves and the sons of former slave owners will be able to sit down together at a table of brotherhood.

J'ai un rêve qu'un jour, sur les collines de terre rouge de la Géorgie, les fils des anciens esclaves et les fils des anciens propriétaires d'esclaves pourront s'asseoir ensemble à la table de la fraternité.


  

I have a dream that one day even the state of Mississippi, a desert state, sweltering with the heat of injustice and oppression, will be transformed into an oasis of freedom and justice.

J'ai un rêve qu'un jour même l'état de Mississippi, un désert étouffant d'injustice et d'oppression, sera transformé en un oasis de liberté et de justice.


  

I have a dream that my four children will one day live in a nation where they will not be judged by the color of their skin but by the content of their character.

J'ai un rêve que mes quatre enfants habiteront un jour une nation où ils seront jugés non pas par la couleur de leur peau, mais par le contenu de leur caractère.


  

I have a dream today.

J'ai un rêve aujourd'hui.


  

I have a dream that one day the state of Alabama, whose governor's lips are presently dripping with the words of interposition and nullification, will be transformed into a situation where little black with little white boys and white girls and walk together as sisters and brothers.

J'ai un rêve qu'un jour l'état de l'Alabama, dont le gouverneur actuel parle d'interposition et de nullification, sera transformé en un endroit où des petits enfants noirs pourront prendre la main des petits enfants blancs et marcher ensemble comme frères et sœurs.


  

 I have a dream today.

J'ai un rêve aujourd'hui.


  

I have a dream that one day every valley shall be exalted, every hill and mountain shall be made low, the rough places will be made plain, and the crooked places will be made straight, and the glory of the Lord shall be revealed, and all flesh shall see it together.

J'ai un rêve qu'un jour, chaque vallée sera levée, chaque colline et montagne sera nivelée, les endroits rugueux seront lissés et les endroits tortueux seront faits droits, et la gloire du Seigneur sera révélée, et tous les hommes la verront ensemble.


  

This is our hope. This is the faith with which I return to the South. With this faith we will be able to hew out of the mountain of despair a stone of hope. With this faith we will be able to transform the jangling discords of our nation into a beautiful symphony of brotherhood. With this faith we will be able to work together, to pray together, to struggle together, to go to jail together, to stand up for freedom together, knowing that we will be free one day.

Ceci est notre espoir. C'est avec cet espoir que je rentre au Sud. Avec cette foi, nous pourrons transformer les discordances de notre nation en une belle symphonie de fraternité. Avec cette foi, nous pourrons travailler ensemble, prier ensemble, lutter ensemble, être emprisonnés ensemble, nous révoltons pour la liberté ensemble, en sachant qu'un jour nous serons libres.


  

This will be the day when all of God's children will be able to sing with a new meaning, "My country, 'tis of thee, sweet land of liberty, of thee I sing. Land where my fathers died, land of the pilgrim's pride, from every mountainside, let freedom ring."

Quand ce jour arrivera, tous les enfants de Dieu pourront chanter avec un sens nouveau cette chanson patriotique, "Mon pays, c'est de toi, douce patrie de la liberté, c'est de toi que je chante. Terre où reposent mes aïeux, fierté des pèlerins, de chaque montagne, que la liberté retentisse."


  

And if America is to be a great nation this must become true. So let freedom ring from the prodigious hilltops of New Hampshire. Let freedom ring from the mighty mountains of New York. Let freedom ring from the heightening Alleghenies of Pennsylvania!

Et si l'Amérique veut être une grande nation ceci doit se faire. Alors, que la liberté retentisse des grandes collines du New Hampshire. Que la liberté retentisse des montagnes puissantes du New York. Que la liberté retentisse des hauts Alleghenies de la Pennsylvanie!


  

Let freedom ring from the snowcapped Rockies of Colorado!

Que la liberté retentisse des Rockies enneigées du Colorado!


  

Let freedom ring from the curvaceous peaks of California!

Que la liberté retentisse des beaux sommets de la Californie!


  

But not only that; let freedom ring from Stone Mountain of Georgia!

Mais pas que ça-que la liberté retentisse des Stone Mountains de la Georgie!


  

Let freedom ring from Lookout Mountain of Tennessee!

Que la liberté retentisse des Lookout Mountains du Tennessee!


  

Let freedom ring from every hill and every molehill of Mississippi. From every mountainside, let freedom ring.

Que la liberté retentisse de chaque colline et de chaque taupinière du Mississippi! Que la liberté retentisse!


  

When we let freedom ring, when we let it ring from every village and every hamlet, from every state and every city, we will be able to speed up that day when all of God's children, black men and white men, Jews and Gentiles, Protestants and Catholics, will be able to join hands and sing in the words of the old Negro spiritual, "Free at last! free at last! thank God Almighty, we are free at last!"

Quand nous laisserons retentir la liberté, quand nous la laisserons retentir de chaque village et de chaque lieu-dit, de chaque état et de chaque ville, nous ferons approcher ce jour quand tous les enfants de Dieu, Noirs et Blancs, Juifs et Gentils, Catholiques et Protestants, pourront se prendre par la main et chanter les paroles du vieux spiritual noir, "Enfin libres! Enfin libres! Dieu Tout-Puissant, merci, nous sommes enfin libres!"

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27 août 2012 1 27 /08 /août /2012 16:28

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Chers Collègues :


Dans un article de Time Magazine, Ingrid Newkirk, la cofondatrice de PETA, parle du « flexitarisme » ou « végétarisme à temps partiel ».


Le but de nombreux activistes est simplement d’amener plus de gens à manger moins de viande.

« Les puristes absolus devraient vivre dans une grotte », déclare Ingrid Newkirk, présidente des People for the Ethical Treatment of Animals (PETA).

« Quiconque est témoin de la souffrance des animaux et possède la moindre lueur d’espoir de réduire cette souffrance ne peut poser que c’est tout ou rien. Nous devons être pragmatiques. Tordons le cou au principe. »



Plusieurs observations peuvent être faites à propos de ces déclarations :


Premièrement, Newkirk récite le mantra du nouveau mouvement welfariste : à savoir que les réformes de bien-être réduisent réellement la souffrance animale.

Or les réformes plébiscitées par PETA et les autres groupes néowelfaristes ne fournissent dans l’ensemble pas de bénéfices importants en termes de bien-être pour les animaux.

Elles représentent simplement une forme différente de torture.

La torture par l’eau, qu’elle soit pratiquée avec une planche nue ou une planche matelassée, revient encore et toujours à torturer quelqu’un par l’eau.



En outre, l’industrie, dans l’ensemble et de toute façon, finirait par adopter ces réformes parce qu’elles augmentent en général le rendement de production.

Donner un peu plus d’espace aux veaux ou opter pour les alternatives aux caisses de gestation aboutit à l’augmentation de la productivité animale, à la baisse des frais vétérinaires et à une meilleure performance des producteurs.

PETA reconnaît explicitement que le gazage des poulets est économiquement rentable.

La relation symbiotique entre les grandes organisations animalistes et les exploiteurs institutionnels est patente lorsqu’on voit que des groupes comme PETA et les exploiteurs institutionnels sont engagés dans un théâtre par quoi les défenseurs animalistes visent une pratique économiquement vulnérable ; l’industrie oppose un combat symbolique ; la réforme, ou certaine modification de la réforme, se voit tôt ou tard acceptée parce qu’elle ne nuit pas à l’industrie, mais l’aide au contraire ; les groupes animalistes déclarent victoire ; les exploiteurs jouissent des éloges que les défenseurs des animaux décernent à l’industrie.

Seuls les animaux sont perdants.



Deuxièmement, Newkirk ignore sciemment que la promotion acharnée des réformes de bien-être ainsi que les appels à une exploitation plus « humaine » des animaux ont pour résultat que le public se sent plus à l’aise par rapport au fait de les manger, et qu’en conséquence la consommation s’intensifie.

Il est intéressant de noter que la consommation par habitant de produits d’origine animale augmente et ne faiblit pas.

Lorsque des groupes comme PETA décernent un prix à la conceptrice d’abattoirs Temple Grandin, font l’éloge des revendeurs de chair et de produits d’origine animale, ou annulent le boycottage de KFC au Canada sous prétexte que KFC a accepté d’introduire progressivement l’achat de poulets gazés en provenance des producteurs, qu’est-ce que ça dit au public ?

Ce n’est rien moins qu’un gros cachet d’approbation « droits des animaux ».


Il devrait être de plus en plus clair que le mouvement viande « heureuse »/produits d’origine animale « heureux » constitue un formidable pas en arrière.


Troisièmement, Newkirk escamote à propos le point le plus important du débat, qui est de savoir s’il faut s’inscrire dans une ligne de fond morale clairement végane ou poursuivre plutôt les réformes de bien-être.


C’est un jeu à somme nulle.

C’est-à-dire que nous vivons dans un monde aux ressources limitées.

Chaque centime d’argent, chaque seconde de temps, chaque effort dévolus aux réformes de bien-être sont autant d’argent, de temps et de travail consacrés en moins à l’élaboration d’un front de défense végan clair et sans équivoque.

Si les grosses corporations néowelfaristes investissaient toutes leurs ressources dans le militantisme végan, elles seraient à même de réduire la souffrance et la mort en réduisant la demande de produits d’origine animale.

Elles déplaceraient le paradigme de l’idée que les animaux sont des choses que nous pouvons utiliser si nous les traitons « avec humanité » à celle qu’ils sont des êtres dotés d’une valeur morale inhérente qui nous interdit de les utiliser de quelque manière que ce soit.


Considérez l’exemple suivant : vous disposez aujourd’hui d’une heure pour militer.

Devez-vous passer cette heure à démontrer aux gens qu’ils doivent consommer des œufs de poules élevées en plein air, ou bien à leur expliquer qu’il ne faut plus manger d’œufs (ni de produits d’origine animale) ?

Vous ne pouvez faire les deux, et dans la mesure où vous leur dites – comme le font ces organisations – qu’ils peuvent souscrire à leurs obligations morales envers les animaux en consommant des œufs de poules élevées en plein air ou d’autres produits d’origine animale « heureux », vous garantissez virtuellement que le mieux qui puisse advenir est que les gens choisiront une forme différente de torture plutôt que pas de torture du tout.


Contrairement à ce que suggère Newkirk, la situation ne se réduit pas à choisir entre la réduction de la souffrance ou la promotion du véganisme.

C’est uniquement en promouvant le véganisme – en travaillant sur le côté « demande » de l’équation plutôt que sur son coté « matériel » (le point de mire des réformes welfaristes) – que nous réduirons la souffrance – et la mort.


Un point connexe est qu’il n’y a pas que la souffrance qui compte, ainsi que Newkirk le suggère ; la mort importe tout autant.

Newkirk se rallie apparemment à l’opinion de Peter Singer selon quoi les animaux n’auraient dans l’ensemble pas d’intérêt à la poursuite de leur existence mais auraient seulement un intérêt à ne pas souffrir.

Je rejette cette opinion en tant que fait objectif.

Nier que les êtres sentients puissent avoir un intérêt à la poursuite de leur existence – c’est-à-dire nier qu’ils préfèrent, ou veulent, ou désirent continuer à vivre – est absurde.

La position welfariste, acceptée par Newkirk et Singer, pose que la vie animale n’a aucune valeur morale en soi.

Peut-être que cela explique pourquoi PETA tue la plupart des animaux qu’elle recueille dans ses installations de Norfolk.

Je rejette en tout cas cette opinion parce qu’elle est spéciste.


Aussi longtemps que nous nous focaliserons sur la manière dont nous traitons les animaux, aussi longtemps que nous penserons avoir le droit de les exploiter dès lors que nous les traitons « avec humanité », aussi longtemps que nous refuserons de voir que le sujet véritable est que nous ne pouvons justifier l’exploitation animale, fût-elle « humaine », le paradigme n’évoluera jamais.


Quatrièmement, je comprends pourquoi les entreprises animalistes du genre de PETA plébiscitent les principes « flexitariens » et sont hostiles au véganisme.

Elles veulent la plus grosse base de donateurs possible.

Selon un cadre de PETA, la moitié des membres de PETA ne sont même pas végétariens.

Si vous voulez que ces personnes versent leurs cotisations et vous citent dans leurs testaments, vous avez besoin de les rendre à l’aise quant à leur exploitation assidue des animaux.

Si vous voulez frayer avec des célébrités de Hollywood ou d’autres gens célèbres qui consomment les animaux, vous ne pouvez avoir une politique végane claire.

Vous adoptez donc plutôt une position qui inclut tout le monde, mais, précisément parce qu’elle n’exclut aucune conduite en tant que moralement inacceptable, une telle position ne veut rien dire.


La schizophrénie morale est stupéfiante.

PETA condamne systématiquement les exploiteurs institutionnels mais ne parvient pas à reconnaître que les consommateurs réclamant des produits d’origine animale – parmi lesquels figurent tous les membres de PETA non végans –sont en premier lieu des exploiteurs qui créent la demande.


Pour résumer, il est triste que les plus gros adversaires du véganisme posé comme ligne de fond morale soient de prétendus défenseurs des animaux tels Newkirk et Singer (1; 2). Il est affligeant de voir que la réponse de Newkirk au véganisme principiel est : « Tordons le cou au principe », ou qu’elle dise de ceux qui le défendent qu’ils « devraient vivre dans une grotte ».


C’est un sujet d’inquiétude que de constater que ceux qui crient le plus fort que le véganisme est difficile ou décourageant sont de soi-disant défenseurs des animaux.

Comprenez bien que je ne mets pas en doute la sincérité de Newkirk. Je crois simplement et sincèrement qu’elle se trompe profondément.


Si vous n’êtes pas végan, merci d’envisager de le devenir.

Ne tombez pas dans la dichotomie erronée faite entre la viande et les autres produits d’origine animale, car il n’y a pas de distinction moralement cohérente entre les deux.

Les animaux utilisés pour le lait vivent généralement plus longtemps, sont traités aussi mal, sinon plus mal que les animaux élevés pour la viande, et finissent leur existence dans les mêmes abattoirs hideux que leurs homologues abattus pour leur chair.


Devenir végan est facile (en dépit de ce qu’affirment certaines grosses organisations animalistes) ; c’est meilleur pour votre santé ; c’est meilleur pour la planète ; et par-dessus tout, c’est, sur le plan éthique, la juste chose à faire.

Le véganisme n’est pas une question de compassion ou de pitié ; c’est une question de justice fondamentale.

Le véganisme est le minimum que nous devons aux nonhumains sentients.


Gary L. Francione

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27 août 2012 1 27 /08 /août /2012 16:11

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L’anthropologiste Margaret Mead a dit, un jour :

« Ne doutez jamais qu’un petit groupe de citoyens conscients et engagés

puisse changer le monde.

En fait, il n’y a que des gens comme eux qui soient jamais arrivés ».

 


 


L’organisation People for the Ethical Treatment of Animals (PETA) a évoqué la citation de Mead pour se féliciter elle-même et pour féliciter ses supporters welfaristes d’avoir obtenu l’accord de la division canadienne de Ketucky Fried Chicken pour « acheter 100% de ses poulets – dans le cadre d’un programme de transition graduelle – d’un fournisseur qui pratique la « mise à mort par contrôle atmosphérique » (CAK), la méthode la moins cruelle pour abattre des oiseaux qui soit disponible.

 

La méthode CAK consiste à remplacer l’oxygène des oiseaux par un mélange de gaz inertes non toxiques qui les « endorment » gentiment. »


De plus, KFC Canada a accepté d’ajouter ce que PETA qualifie d’« option totalement exempte de cruauté » à son menu dans 65% de ses restaurants canadiens : un sandwich de faux poulet servi dans un wrap agrémenté de mayonnaise non végane.

 

De plus, KFC Canada a accepté d’« améliorer ses critères de vérification du bien-être animal afin de réduire le nombre d’os brisés et d’autres blessures dont souffrent les oiseaux », de demander (sans toutefois exiger) à ses fournisseurs de procéder à d’autres améliorations et de former un comité de consultation sur le bien-être animal.

 

Et PETA acquerra plus de pouvoir : KFC autorisera « PETA à corriger ses formulaires de vérification du bien-être animal tous les six mois ».


PETA, « excité d’annoncer » ce qu’il qualifie de « nouveau plan historique de bien-être animal, d’« énorme victoire » et de « victoire historique! », a officiellement cessé son boycott de KFC Canada.

 

Mais PETA nous met en garde en nous rappelant que « la cruauté continue dans d’autres nations ».


La pauvre Margaret Mead ne doit pas que se retourner dans sa tombe; elle doit le faire à toute vitesse.

 

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L’accord entre PETA et KFC est un parfait exemple de l’échec des réformes visant le bien-être animal.



Réfléchissez à ce qui suit :


Premièrement, considérer cela comme une « victoire » pour les animaux est le summum de l’ironie.


Cet accord est certainement une « victoire ».


Mais il s’agit d’une victoire pour l’industrie canadienne du poulet, qui profitera en effet d’une plus grande efficacité au niveau de la production et de plus de profits.


Dans son analyse de la mise à mort par contrôle atmosphérique -vs- l’immobilisation électrique d’un point de vue économique, PETA appuie la méthode de « mise à mort par contrôle atmosphérique (CAK) » pour les poulets en affirmant que la méthode d’abattage par chocs électriques « diminue la qualité du produit et le rendement » parce qu’elle brise les os des oiseaux et parce que le processus peut entrainer une contamination menaçant la santé humaine.


Par ailleurs, l’abattage par chocs électriques « augmente les coûts de main d’œuvre » de différentes manières.

 

PETA soutient que la méthode « CAK augmente la qualité des produits et le rendement » parce que les os brisés, les ecchymoses et les hémorragies sont soi-disant éliminés, les risques de contamination sont réduits, la « durée de conservation de la viande » est augmentée et une « viande de poitrine plus tendre » est produite.

 

PETA affirme aussi que la méthode « CAK diminue les coûts de main d’œuvre » en réduisant les besoins au niveau de certaines inspections, les risques d’accidents et le roulement de personnel.

 

CAK offre enfin « d’autres avantages économiques » à l’industrie du poulet en permettant aux producteurs d’économiser de l’argent en diminuant les frais d’énergie, le gaspillage de sous-produits et la quantité d’eau nécessaire.


Cette analyse est cohérente avec celle qu’a produite la Humane Society of the United States, qui a étudié un nombre considérable de données pour conclure ce qui suit :

CAK entraîne des économies en diminuant les coûts de production et une augmentation des revenus en réduisant les pertes de qualité des carcasses, la contamination et les coûts de réfrigération; en augmentant la rentabilité de la viande, sa qualité et sa durée de conservation; et en améliorant les conditions de travail des employés. En évitant de suspendre les poulets vivants et de les rendre inconscients par un courant électrique, la méthode CAK entraîne moins d’os brisés et moins d’ecchymoses et d’hémorragies. La diminution du nombre de carcasses abîmées permet de désosser plus efficacement la volaille et d’obtenir une viande désossée de meilleure qualité. Il a été démontré que la méthode CAK réduit les ecchymoses jusqu’à 94% et les fractures osseuses jusqu’à 80%. En présumant de manière conservatrice que la méthode CAK n’augmente le rendement que de 1%, une usine qui produirait 1 million de poulets par semaine dont les carcasses habillées pèsent en moyenne 4.5 livres et se vendent au prix de gros de $0.80 la livre jouirait d’une augmentation de ses revenus annuels de $1.87 millions, suite à l’adoption de la méthode CAK [référence omise].

Et l’industrie est d’accord. Selon les Poultry Producer CAK Endorsements de PETA, l’industrie du poulet reconnaît volontier que la méthode CAK est préférable en bout de ligne :

« Brandons n’a pas seulement profité d’une viande de meilleure qualité et d’améliorations au niveau du bien-être. Des avantages se sont fait ressentir à travers toute l’usine. …[Il s'est produit] une diminution de 50% des coûts de main d’œuvre sur la ligne de production. La vitesse de production à la chaîne a augmenté [de 20%]. …Le rendement a augmenté jusqu’à 1.5%… »

— Étude de cas portant sur Brandons Plc, par Anglia Autoflow


« Quant à la ligne de dindes … chaque employé assigné à la suspension installe environ 7.66 oiseaux par minute sur le support … comparé à environ 5.125 oiseaux par minute dans les usines américaines. Cela offre une amélioration de livre-par-employé-par-minute de presque 50%, parce que les employés n’ont pas à retirer les oiseaux des cages à la main comme ils le font aux États-Unis… où l’opération consiste à suspendre les oiseaux vivants. »

— Article de la Watt Poultry USA à propos d’Amadori, février 2006


« À peu près 140,000 oiseaux par jour sont traités à l’usine de Flixton …. Un représentant de la compagnie a dit que la méthode CAS avait été adoptée afin d’améliorer le bien-être économique [et] les conditions de travail des travailleurs. À titre de bénéfice subsidiaire, l’usine voit ses lignes de production fonctionner plus rapidement qu’avant. Flixton ne traitait que 110,000 oiseaux par jour avant d’installer le CAS. »

— Article de la Watt Poultry USA, février 2006


« « Il y a moins de découpage à faire sur la ligne parce qu’il y a beaucoup moins … taches et autres dommages pouvant provenir des chocs électriques », dit Henry Kuypers, gérant de la production de l’usine Pingo Poultry …. L’abattage par gaz a permis [à la compagnie] d’obtenir un produit plus tendre [en] seulement trois heures … [contrairement aux] 12 ou même 24 heures autrement nécessaires. « Cette période variable de maturation a aussi affecté l’uniformité des produits », explique Kuypers. — « CAS-ting Call »,
Poultry magazine, octobre 2006

« Nous commençons à quantifier les améliorations au niveau du rendement et du travail, mais à l’œil nu, nous pouvons déjà apercevoir des bénéfices au niveau des ailes, de la viande des ailes et de la viande des poitrines. »

— Dale Hart, gérant général de Cooper Farms


« Le système CAS améliore l’environnement des travailleurs dans le département de la réception des oiseaux vivants, améliore les aspects ergonomiques associés à la suspension des dindes et réduit les dommages encourus par les carcasses. »

— Article de la Watt Poultry USA à propos de Cooper Farms, novembre 2006


« Amadori était intéressée au CAS parce que la compagnie voulait améliorer les conditions de travail des employés assignés à la suspension des oiseaux, le bien-être des animaux, l’efficacité du travail et la qualité de la viande. Le CAS a apporté des améliorations à chacun de ces niveaux… »

— Un article de la Watt Poultry USA, février 2006


« L’installation de l’abattoir au gaz a réduit de manière remarquable les pertes associées aux hémorragies et aux fractures des os et a amélioré la couleur et la texture des filets en comparaison à la méthode précédente qui consistait à tuer les oiseaux en les plongeant dans un bain d’eau électrifiée. Comme les usines américaines, MBA Poultry peut justifier le recours à l’abattage au gaz par la contribution de cette méthode à l’augmentation des revenus qui, le plus souvent, compense largement l’investissement supplémentaire qu’il nécessite et les coûts associés à son opération. »

— « Future of Gas », Watt Poultry USA, avril 2005


« La qualité de la viande est améliorée par l’utilisation du CAS et il y a moins de sang dans la poitrine et dans la chair mince. La saignée des carcasses n’a pas été affectée par le passage du système d’abattage électrique au CAS. »

— Article de la Watt Poultry USA à propos de Le Clezio, février 2006


« En plus d’essayer de maximiser le rendement du traitement de 11,000 oiseaux par heure, nous devons aussi nous assurer que la viande n’est pas marquée. Le CAS nous permet d’atteindre des hauts standards à cet égard. … Cela procure [également] des meilleures conditions de travail pour l’équipe. »

— Richard Wenneker, de la Emsland Frischgefluegel


« La qualité de la viande a été énormément améliorée. La viande n’a plus de taches de sang et, par conséquent, il n’est plus nécessaire de la nettoyer de ses imperfections. En augmentant le rendement, cela a entraîné des bénéfices notables. L’opération de coupe de la viande demande maintenant moins d’employés grâce aux bénéfices de … CAS. »
— Étude de cas menée pour le compte de Prior Norge par Anglia Autoflow


La méthode CAK diminue donc les coûts de production et les abattoirs qui fournissent KFC Canada devaient, en toute probabilité, passer au CAK pour des raisons économiques de toute façon.

 

En fait, il s’agit là du modus operandi du mouvement moderne de défense des animaux : identifier les pratiques qui ne sont pas économiquement efficaces et qui sont en train d’être changées par l’industrie de toute façon; lancer une campagne visant ce qui était sur le point d’arriver dans l’ordre naturel des choses; déclarer victoire; et entreprendre une campagne de financement. C’est exactement ce qui se passe ici.

 

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Deuxièmement, PETA a offert à KFC Canada rien de moins qu’un coup de main au niveau des relations publiques.

 

PETA a mis fin à son boycott de KFC Canada et il affirme avoir gagné sa campagne contre la cruauté de KFC au Canada, même si « la cruauté continue dans d’autres nations », indiquant par là au public que ceux qui se préoccupent des animaux peuvent, une fois de plus, manger dans les KFC du Canada en ayant l’approbation de PETA.

 

En fait, PETA et KFC sont maintenant en lune de miel.

 

PETA affirme que KFC « endormira maintenant gentiment [les poulets] ».

 

Selon un article paru dans le Toronto Star, le président de KFC Canada Steve Langford a dit, après s’être assis avec les gens de PETA, « nous avons découvert qu’il n’y avait entre nous aucune différence d’opinion sur la manière dont les animaux doivent être traités ».

 

Matt Prescott de PETA a dit croire « que KFC au Canada est honnêtement préoccupé par le bien-être des animaux. »

 

Precott a ajouté que « [t]out ce que nous voulons est que KFC partout dans le monde fasse ce que KFC Canada a fait ».


 


On dit que Langford est « ravi par l’accord ».

 

Je ne doute aucunement qu’il le soit.

 

Si j’étais lui, je serais aussi ravi.

 

Il n’a rien perdu et il a gagné l’aide de PETA comme agence de relations publiques, et ce sans frais.

 

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Troisièmement, KFC développe sa ligne de produits et offre maintenant un sandwich au faux-poulet « sans aucune cruauté » approuvé par PETA, qui sera manipulé parmi les autres produits, d’origine animale ceux-là, et préparé avec de la mayonnaise non végane (à moins que le client demande qu’on n’en mette pas).

 

Alors KFC offrira un met non végan appuyé par PETA.

 

Les gens pourront maintenant être des « défenseurs des animaux » en mangeant un produit non végan chez KFC et mettre plus d’argent dans les poches d’une corporation qui vend la mort.

 

Mais ce comportement s’inscrit dans ce qui semble être une tradition.

 

Dans un article de décembre 2006 à propos de Dan Mathews de PETA, on apprenait que Mathews et le journaliste étaient allés au McDonald’s pour manger et que le journaliste avait demandé à son accompagnateur s’il était correct de commander un cheeseburger.

 

Il est rapporté que Mathews aurait répondu « commandez ce que vous voulez »… « la moitié de nos membres sont végétariens et l’autre moitié pense que c’est une bonne idée ».

 

En mettant de côté le fait que Mathews mange au McDonald’s, qu’il dise au journaliste de commander ce qu’il veut et qu’il affirme sans inconfort apparent que seulement la moitié des membres de PETA sont « végétariens » (oublions le véganisme), Mathews lui-même a mangé un produit – le « veggie burger » – que même McDonald’s n’affirme pas être végétarien parce qu’il est cuit sur la même grille que les produits animaux et est mis en contact avec des produits animaux.


Et l’accord est une victoire pour PETA, qui a depuis longtemps abandonné l’approche des droits des animaux pour préférer la quête de plus de gloire et de plus de contributions financières.

 

Tout ce qui compte, c’est PETA.

 

Les animaux sont secondaires.

 

 

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L’« entente » KFC/PETA démontre clairement ce qui ne va pas avec l’approche focalisant sur le bien-être animal.

 

Ces campagnes perpétuent l’idée confuse selon laquelle les « droits des animaux » signifient quelque chose comme ajouter un appareil de télévision dans une chambre de torture et de ne faire absolument rien d’autre pour tenter de renverser le paradigme de la propriété.

 

Au contraire, l’approche welfariste renforce le statut des animaux qui sont traités comme de simples marchandises.

 

Et cette approche fait en sorte que les gens se sentent plus à l’aise par rapport à l’exploitation animale.

 

Finalement, ces campagnes témoignent de la relation symbiotique entre l’industrie et le mouvement de défense des animaux.


Dans la mesure où cette situation illustre la très juste observation de Margaret Mead, elle le fait en nous rappelant qu’un petit groupe de personnes peuvent avoir un impact adverse considérable sur le progrès social.

 

Plusieurs personnes sont préoccupées par l’éthique de l’utilisation d’animaux.

 

Mais tant et aussi longtemps que les grandes organisations soi-disant de défense des « droits des animaux » diront aux gens qu’ils peuvent remplir leurs obligations morales en mangeant chez KFC et à d’autres endroits semblables (rappelez-vous que PETA a conclu des « ententes » similaires avec McDonald’s et Burger King), le statu quo persistera et le seul progrès auquel nous assisterons sera celui du compte de banque de PETA.

 


Gary L. Francione

 

 

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27 août 2012 1 27 /08 /août /2012 15:56

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Pensez vous que la pornographie, puisse aider nos amis les animaux ??

C’est ce que pense l’association PETA .

Je n’étais personnellement pas d’accord sur pas mal de ses campagnes, mais ce que je viens de recevoir dépasse l’entendement……..

Merci Alexandre.

 


Pamela Anderson : sa campagne pour la défense des animaux a été refusée à Montreal/people.première.fr

 

 


La nouvelle est tombée, sans surprise : la célèbre organisation de défense animale PETA, connue pour le sexisme de ses campagnes, va ouvrir son propre site pornographique, peta.xxx.

 

Sans ironie aucune, on peut dire que la boucle est bouclée : tout tendait vers ce but, des campagnes « I’d rather go naked than wear fur » et « Vegetarians have better sex » aux innombrables manifestations de rue en tenue légère organisées par l’association dans le monde entier.

 

Sur peta.xxx, des scènes pornographiques alterneront avec des images de torture animale : la chair des unes, la chair des autres, consommées à toutes les sauces du voyeurisme.

 

Des « stars du porno » ont d’ores et déjà annoncé leur participation – hautement rémunérée, cela va sans dire.

 

Le mélange promet d’être explosif, les recettes juteuses, et il faudra s’attendre, si ce genre d’initiative se banalise (et il semble bien que tel soit le cas) à une recrudescence notable des actes de zoophilie et de torture à caractère sexuel sur ceux-là mêmes dont on prétend défendre les droits.  

 


« Nous vivons dans un monde hyper-connecté et nous sommes bien conscients que c’est en se démarquant qu’on a le plus de chances de sensibiliser de nouvelles personnes à notre cause. »

 

Ces propos, qui émanent de Lindsay Rajt, la porte-parole de PETA, laissent pantois : la pornographie étant devenue la chose la plus banale du monde, comment peut-on prétendre qu’elle sert à se « démarquer » ?

 

Est-ce, de la part de Mme Rajt, de la candeur, du cynisme, de la simplicité, ou les trois à la fois ?

 


 

 

PETA affirme viser à l’efficacité : la pornographie est le plus sûr moyen de toucher un très large public, et de sensibiliser ainsi le maximum de gens au sort des animaux.

 

Mais outre la naïveté presque touchante d’une telle croyance (depuis quand les amateurs de pornographie viennent-ils sur un site pornographique pour autre chose que du sexe ?), on se demande si cette naïveté ne sert pas en fait d’aimable camouflage à des mobiles beaucoup moins avouables : un terrible appât du gain et une inversion des valeurs qui révèle bien plus que de l’hypocrisie, presque une volonté de sape.

 

Dans un tel contexte en effet, l’être nonhumain apparaît comme une victime de si peu d’importance qu’on la donne en pâture aux pervers et qu’on ridiculise le mouvement pour la défense de ses droits en faisant intervenir sur le devant de la scène, non pas des militants inspirés et dignes, mais des femmes-esclaves afin d’attirer le gogo, le machiste lambda, le beauf majeur, qui se contrefichent du sort des animaux.

 


On imagine aisément ce qu’aurait été, par exemple, l’issue du mouvement pour les droits civiques aux Etats-Unis si Martin Luther King, au lieu d’entraîner à sa suite des militants sérieux et déterminés, porteurs de valeurs fortes et guidés par leurs seuls idéaux de justice, avait organisé, en vue de ratisser large, des marches de femmes noires en tenue d’Eve.

 

L’issue en aurait été nulle.

Pis : le mouvement pour les droits civiques aurait été complètement discrédité, Martin Luther King et ses partisans seraient passés pour des guignols et le message aurait été envoyé aux hommes blancs comme quoi les femmes noires étaient bien les objets sexuels qu’ils croyaient.

La politique de ségrégation aurait perduré, se serait intensifiée et les Noirs seraient aujourd’hui encore considérés comme des citoyens de troisième ordre.
Le propre du carnaval n’est pas de changer le monde, mais de divertir.

Le divertissement, le festif : tels sont, comme par hasard, les maîtres-mots de l’époque.

 


Or, défendre les intérêts des victimes, ce n’est pas faire le carnaval.

Ce n’est pas faire la fête.

Ce n’est pas faire n’importe quoi.

Ce n’est pas flatter le voyeurisme des foules, ce n’est pas décrédibiliser la cause et les victimes.

Ce n’est pas faire appel au star-system si prompt à retourner sa veste et embrasser toutes les causes, même contraires, pour autant qu’elles lui font de la publicité.

Bref, ce n’est pas ridiculiser tout un mouvement.

Lorsqu’un humanitaire lutte contre la famine en Afrique, il ne va pas manifester nu dans la rue, ni fonder un site X où défileront des séquences pornographiques entrecoupées d’images d’Ethiopiens mourant d’inanition.

 


Cela serait considéré comme parfaitement obscène, insultant pour les victimes et totalement contre-productif.

Pourquoi les animalistes se permettent-ils de ridiculiser ainsi leur propre cause, sinon parce qu’ils ne respectent pas la personne animale, quoi qu’ils en disent ?

D’ailleurs (et ceci explique probablement cela), le pourcentage de militants végans est incroyablement faible au sein du mouvement, ce qui prouve bien que les autres, autrement dit la majorité, ne prennent pas les animaux au sérieux, et que le mouvement est encore à l’état embryonnaire.

 


PETA et d’autres associations du même acabit (1) surfent allégrement sur la vague de vulgarité qui déferle sur notre époque et qu’elle caractérise.

Tous les moyens sont bons, plaident ces associations, pour sensibiliser le public à la cause animale.

Or, non, tous les moyens ne sont pas bons, et la fin ne les justifie pas tous.

Aussi bien, le public reste parfaitement insensible au message qu’on prétend lui transmettre.

Et d’ailleurs, quelle est la fin réellement poursuivie ici ?

Certainement pas celle de l’exploitation animale.

Les animaux, de cette débauche de médiocrité, sortent vaincus, et la cause discréditée.

PETA, et toutes les organisations qui l’imitent (elles sont nombreuses à embrayer sur ce terrain, la dernière en date étant GAIA et le lancement le 9 septembre prochain de la « journée sans slip » pour protester contre la castration à vif des porcelets), ont réussi à faire passer les militants des droits des animaux pour des clowns et des débiles, incapables de comprendre qu’on ne lutte pas contre une discrimination en en exploitant une autre.

« J’ai essayé de rendre clair que c’est mal d’utiliser des moyens immoraux pour atteindre une juste fin. » (2)

« Aucun homme moral ne peut patiemment se conformer à l’injustice. » (3)

Telles sont les paroles de Martin Luther King, dont nos animalistes autoproclamés feraient bien de s’inspirer.

 


A leur absence de radicalité éthique, manifeste dans leur politique d’orientation welfariste et les divers partenariats marketing qu’ils forment avec les exploiteurs des animaux, s’ajoute la promotion du sexisme.

Ce triomphe de l’obscène signe la défaite du mouvement.

Un mouvement pour les droits des animaux ne peut faire l’apologie du sexisme ou du consumérisme sexuel.

Il ne peut dénoncer l’animal-objet et son exploitation s’il promeut parallèlement la femme-objet et son exploitation.

Il ne peut espérer faire évoluer l’être humain s’il flatte en lui ce qu’il doit précisément combattre.

Il ne peut prétendre élever s’il s’abaisse lui-même.

 


Le sexisme est l’un des maux endémiques dont souffre l’humanité, et il est navrant de constater qu’il est utilisé comme ressort quasi systématique de l’antispécisme.

C’est là non seulement la marque d’un illogisme tragique, mais aussi d’une navrante stupidité.

Nous vivons une époque où la vulgarité trône partout.

Les médias nous en abreuvent, le juteux marché de la dépendance à la pornographie s’est organisé et bien sûr, les foules s’y sont jetées, là comme ailleurs, sans aucun esprit de résistance, sans aucune conscience d’être dupées : bien au contraire, chacun ne s’est jamais autant senti libre, au point de le marteler à chaque seconde, tout en l’étant de moins en moins.

Il ne faudra pas, pour excuser notre passivité, invoquer plus tard la fatalité, la rapacité capitaliste ou l’influence pernicieuse d’un pouvoir qui nous manipule, mais bien notre seul abandon de nous-mêmes, la défaite de notre pensée et la cession de notre responsabilité.

Martin Luther King – encore lui – affirmait que l’égalité raciale viendrait moins de la promulgation des lois défendant la personne que de la manière dont cette personne s’envisageait elle-même.

Aussi nous prêterons-nous pour finir à un jeu permutatoire éloquent, en remplaçant, dans l’extrait qui suit, le mot « Noir » par le mot « femme » :

 


Aussi longtemps que l’esprit est mis en esclavage, le corps ne peut jamais être libre.

La liberté psychologique, un ferme sens d’estime de soi, est l’arme la plus puissante contre la longue nuit de l’esclavage physique. […]

La femme sera libre quand elle atteindra les profondeurs de son être et qu’elle signera avec le stylo et l’encre de son humanité affirmée sa propre déclaration d’émancipation.

Et avec un esprit tendu vers la vraie estime de soi, la femme doit rejeter fièrement les menottes de l’auto-abnégation et dire à elle-même et au monde :

« Je suis quelqu’un. Je suis une personne. Je suis une femme avec dignité et honneur. J’ai une histoire riche et noble. » (4)

 


Des esclaves ne sauraient libérer d’autres esclaves, et leurs exploiteurs encore moins.

 


Source Méryl Pinque Vegan.fr

 

 


Notes :

(1) Il y a quelques mois, la SPA italienne embauchait l’acteur pornographique Rocco Siffredi, connu pour l’extrême violence misogyne de ses prestations, dans le cadre d’une campagne publicitaire contre l’abandon. En 2009, une strip-teaseuse se faisait étriper dans une vidéo de l’association hollandaise Wakker Dier (voir http://www.lepost.fr/article/2009/0…).
(2) Letter from a Birmingham Jail, 1963.
(3) Martin Luther King, The Autobiography of Martin Luther King, Jr., New York, Warner Books, 1998 (chap. 2).
(4) Where Do We Go from Here ? Discours au SCLC (Southern Christian Leadership Conference), 16 août 1967.



VIDEO
refusée par NBC


La vidéo sexy de la Peta ne passera pas cinq fois par jour sur NBC. Même pas une fois, d’ailleurs. Et pourtant, l’association « pour un traitement éthique des animaux » fait la promotion des fruits et légumes. Mais dans un style un peu trop olé osé aux yeux des dirigeants de NBC qui l’ont interdite.

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27 août 2012 1 27 /08 /août /2012 15:34

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Marre de toutes ces publicités pour tout et n ’importe quoi qui utilisent la femme comme objet !


Ces images sexistes banalisent une forme d ’exploitation du corps de la femme comme étant une simple marchandise.

 

Il n ’est donc pas étrange de voir les faits divers se remplir de violences faîtes aux femmes, sans compter toutes les histoires dont personne ne parle : une femme meurt tous les 3 jours en France sous les coups de son conjoint !


C ’est par commencer à refuser les images et les mots sexistes que nous arriveront à changer les choses !


Le sexisme reste une domination de l ’homme sur la femme et doit être combattu sous toutes ses formes.


Pour que chaque femme ait le droit de choisir comment elle veut s ’habiller et décider de ce qu ’elle veut faire ou pas, commençons par ne pas laisser passer les images et les mots sexistes !

 


 

 

Dans cet ordre d ’idée, CLÉAH s ’oppose à certaines campagnes de l ’association PETA (People for the Ethical Treatment of Animals) qui ne cesse de multiplier les publicités et actions qui utilisent le corps comme moyen de communication médiatique, mais qui cautionnent et confortent l ’image de la femme-objet et le sexisme le plus dégradant.

 


Des actions spécifiques de sensibilisation sur ce sujet sont prévues.

 


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26 août 2012 7 26 /08 /août /2012 08:24

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Créé le 18-01-2012 à 18h01 - Mis à jour le 15-03-2012 à 18h22

Les manipulateurs de l'amour (Illustration Catherine Meurisse pour "le Nouvel Observateur")

Les manipulateurs de l'amour (Illustration Catherine Meurisse pour "le Nouvel Observateur")

Melody. Belle comme Audrey Hepburn. Gaie, attentive aux autres. Elle s'est pendue à 28 ans. On l'a trouvée dans la cuisine de l'appartement où elle vivait avec un homme rencontré un an plus tôt. La conséquence d'une dépression, pour les parents. Les amis savent autre chose, un scénario à peine imaginable. C'est lui qui l'a poussée au suicide. Elle allait le quitter pour un autre, alors il lui répétait qu'elle était "un monstre" et qu'il allait se suicider à cause d'elle. Un huis clos insensé, de plus en plus accusateur, et Melody s'est pendue. Elle vivait avec un manipulateur pervers. Probablement ignorait-elle tout de cette déviance. Une innocence fatale.


Toute relation toxique, bien sûr, ne conduit pas au suicide, mais le risque est là. Une prise de conscience collective affleure. On met enfin un nom sur la violence perverse dans les rapports humains. "Perversion narcissique" : l'expression est entrée dans la conversation courante. Des livres sont en kiosque dans les gares, comme celui du psychanalyste Jean-Charles Bouchoux ("les Pervers narcissiques", Eyrolles), deux fois réédité sous l'effet d'une demande croissante. Sur internet, le site SOS Pervers, ouvert en novembre dernier, reçoit plus de 1.500 visites par jour. Le savoir s'échange dans les forums de discussion.

Vampires affectifs

Taper "perversion narcissique" sur Google, c'est pénétrer un monde parallèle et funèbre. Des contributeurs sortis des griffes de leur tourmenteur viennent à la rescousse de novices déboussolés. Les initiés parlent de "PN". L'un des sites les plus visités s'appelle Pervertus - il est sous-titré "blog d'intérêt public" - et commence ainsi : "Ils représentent 3% de la population [bien plus selon les spécialistes, ndlr] et détruisent 90% de leur entourage. Eux, ce sont les manipulateurs pervers ou vampires affectifs. Allez-y : levez les yeux au ciel, grimacez, soupirez. Parler des manipulateurs, c'est comme parler des petits hommes verts... On vous rit au nez[...]. Et pourtant ils sont bien réels."

Le mal n'est pas nouveau mais en recrudescence express, selon Dominique Barbier, criminologue et expert psychiatre avignonnais, ami de Boris Cyrulnik, qui écrit un livre (à paraître cette année chez Odile Jacob) pour expliquer en quoi notre époque est une véritable "fabrique de pervers". Le consumérisme frénétique et l'affaiblissement de la fonction paternelle entraînent une intolérance à la frustration de plus en plus répandue. Cette immaturité serait le terreau fertile de la prédation morale et d'un rapport à l'autre de plus en plus utilitaire. "C'est le mal du siècle. Ce que j'observe est effrayant, dit le criminologue. N'importe qui peut tomber sous la coupe d'unpervers."

Relations toxiques

La perversion narcissique consiste à employer des moyens retors - en l'occurrence vampiriser et anémier son partenaire - pour combler une faille infiniment béante et un vide intérieur. Ce "vide vertigineux dans lequel tout affect semble avoir été éteint depuis l'enfance" dont parle Geneviève Reichert-Pagnard, psychiatre et victimologue, auteur en 2011 d'un ouvrage très fin sur "les Relations toxiques" (Ideo). Autant de femmes que d'hommes sont confrontés à la prédation morale au sein du couple. Ceux et celles, innombrables, qui ont ainsi subi une insidieuse altération de leur intégrité psychique racontent tous une semblable histoire.

Des débuts grandioses. Le manipulateur sent ce que l'autre attend. Il est caméléon le temps de ferrer sa proie. Dans ce piège amoureux, tout le monde tombe, car le temps de la séduction (phase 1) peut durer... des années. Le pervers sommeille avant exécution de ses noirs désirs : l'emprise (phase 2) et l'assujettissement (phase 3). Il va soumettre peu à peu son partenaire pour en prendre le contrôle. La bascule perverse advient à la faveur d'un événement qui scelle la dépendance, souvent l'arrivée d'un premier enfant. L'être exquis des débuts dévoile une dureté de ton qu'on ne lui soupçonnait pas et se révèle dans toute sa "dangereuse étrangeté", selon l'expression du délicat Paul-Claude Racamier, psychanalyse, inventeur de la notion de perversion narcissique, qui en 1987 posa les bases de cette difformité morale (1).

Serial killer psychologique

Dans le secret de la vie de couple, le manipulateur ou la manipulatrice se comporte en serial killer psychologique. Il ne veut pas que l'autre ait confiance en soi, il fait vaciller cette flamme. C'est un extincteur de vie. La joie de l'autre s'éteint peu à peu. "C'est une folie très répandue, mais personne ne la voit", dit François, qui a passé dix ans avec une prédatrice, rencontrée à l'issue de brillantes études d'ingénieur. Lui a dû déjouer bien des ruses au cours d'un divorce pénible. Car, malgré la loi de 2010 faisant du harcèlement psychologique dans le couple un délit, nombreux sont les magistrats et avocats qui ne savent pas reconnaître un manipulateur. Ils se font avoir, eux aussi, par la remarquable duplicité de ces comédiens-nés, leur angélisme apparent.

Impassible, jamais affecté par rien, même s'il prétend le contraire (seule la blessure d'orgueil le fait souffrir), le pervers narcissique fera passer pour déséquilibrée sa victime poussée à bout. Même les psys peuvent être bernés, car "le pervers offre à l'observateur l'air de la parfaite innocence", observe Marie-France Hirigoyen, qui en 1998 a popularisé la notion de harcèlement moral (2).

La révélation peut survenir après dix ou vingt ans de vie commune. Le visage véritable d'un mari ou d'une femme apparaît brutalement. C'est le syndrome Dorian Gray. Une fois la prise de conscience advenue, le partenaire, qui ressent depuis longtemps un malaise diffus, relit l'histoire commune à la lumière de ce nouveau savoir, mais le départ est retardé par la nature complexe du lien, la relation d'emprise, qui est une véritable prise de pouvoir sur l'esprit de l'autre. Etre équilibré ne garantit qu'une chose : la rémission rapide, une fois le cauchemar terminé.

"Le détraqueur porte un masque"

Pour les plus fragiles, quelques années seront nécessaires pour dépasser un véritable choc post-traumatique (une victime dit être "marquée au fer rouge"), d'autant que la séparation ne met pas fin au harcèlement quand le couple a des enfants. Continuer de se défouler sur l'ex-partenaire permet à l'agresseur d'offrir, du moins momentanément, un doux visage à sa nouvelle proie. On observe de la part du pervers divorcé un abus de procédures judiciaires.

Ce "détraqueur" porte un masque. Il est sociable, adorable, fréquentable, admirable, car la crispation morbide envers une proie unique, une seule, suffit à écluser sa compulsion destructrice. Ce double visage lui permet d'entraîner quelques proches qui, de bonne foi, vont croire en sa version des faits lorsqu'il inversera les rôles pour expliquer que c'est lui la victime. "L'ignorance, c'est 50% du problème",explique Isabelle Nazare-Aga, thérapeute cognitivo-comportementaliste, son énergique crinière blonde ondulant au rythme du feutre sur le tableau blanc.

Un séminaire démarre, ce samedi de novembre à l'aube, dans son appartement du 16e arrondissement parisien. Il y a là une dizaine de femmes et deux hommes. Une grande Danoise très amaigrie prend la parole. Son beau visage exprime la lassitude et le tourment. Elle n'arrive pas à quitter son mari qui, dans leur banlieue chic, se livre sur elle à un véritable tabassage moral. L'homme l'a coupée de tout, de ses amis, de sa famille. Elle est intelligente, sensible, perdue. On sent qu'elle pourrait tomber gravement malade.

Comment se défaire de l'emprise 

Durant ces deux jours intenses, nul retour sur des traumas passés pour expliquer la tolérance à l'insupportable, mais un échange salvateur entre hommes et femmes à qui Isabelle Nazare-Aga expose précisément la nature de l'emprise perverse et la façon de s'en défaire. La jolie et lumineuse Vanessa, documentaliste, demeurée célibataire et sans enfants car elle n'a plus jamais pu "faire confiance à nouveau", raconte : "A la maison, c'était humiliation sur humiliation. Il me disait : "Mets des chaussettes, tes pieds me dégoûtent", m'appelait "ma gorette" en pinçant le peu de graisse que j'avais. Je coulais petit à petit. Physiquement, je disparaissais. Je ne pesais plus que 40 kilos, mais comment prouver cela ? Pas de témoin. Aux yeux de tous, c'était moi la désaxée." Scénario type.

Affaibli par l'intense travail de culpabilisation mené par le manipulateur, incapable d'imaginer une malveillance qui lui est étrangère, le partenaire incrédule se dit avec indulgence que son mari ou sa femme, "c'est Dr Jekyll et Mr Hyde", frôlant de près une vérité qui lui échappe encore. Aussi brillant soit-il, l'assujetti a du mal à y voir clair. Une "main basse sur l'esprit", pour le psychanalyste Saverio Tomasella. Racamier parlait même d'un " véritable détournement d'intelligence ".

Le pervers reproche à l'autre la zizanie que lui-même s'évertue à semer. Agnès, radieuse serveuse de bar au fond du Finistère, revenue pour sa part sans difficulté à la vie à l'issue de "ce combat perdu d'avance", raconte : "On marchait dans la rue bras dessus, bras dessous ; tout allait bien. Trop bien pour lui, car, d'un seul coup, c'est comme s'il lui fallait impérieusement détruire et salir. Il me balançait une saloperie pour créer du confit et me le reprocher après." Il lui aura fallu quatre ans pour comprendre.

 


Alternance de maltraitance et de tendresse

Pas si facile d'y voir clair en effet. Qui a la culture psychiatrique pour faire la différence entre le pervers "tout le temps dans le calcul, tel un joueur d'échecs préparant son attaque cinq coups à l'avance" (selon Dominique Barbier) et la femme ou le mari difficile à vivre, instable, pas très à l'écoute et on en passe, mais doté d'affection réelle et - surtout - d'une capacité de remise en question de soi ? Seuls les gens avertis.

Pour ceux-là, le pervers narcissique, construit sur un stéréotype somme toute sommaire, devient plus facile à repérer. Il manie le chaud et le froid dans une subtile alternance de maltraitance et de tendresse. Quand l'autre est à bout, il regagne sa confiance. Son manque d'empathie est central. Il observe la souffrance avec indifférence. Sa gamme de sentiments est pauvre, c'est comme s'il ne disposait que d'une octave sur son piano émotionnel.

Il faut un véritable savoir pour repérer cette froideur de cœur, car feindre d'avoir une sensibilité qu'il sait inexistante fait partie de son art. Il vampirise l'autre jusqu'à l'épuiser - l'expression "se faire bouffer" prend tout son sens. Il est intensément jaloux d'une vie intérieure qu'il n'a pas. C'est un insatisfait chronique qui ne supporte pas le bien-être de l'autre. Il ne tient aucunement compte des besoins de son partenaire. Très vite, la relation s'articule autour de ses seuls désirs, situation ainsi résumée par Agnès : "Il occupait 90% de l'espace entre nous."

Ni remords ni culpabilité

Ni remords ni culpabilité. Il n'a jamais tort, ne demande pas pardon, sauf par stratégie. A travers chaque reproche infondé, calomnieux, adressé à sa victime, l'agresseur fait son autoportrait. Cela fera office d'aveu de ce qu'il est lui-même. Un aveu bien involontaire, car son système de relation repose sur le déni, qui est l'occultation d'une partie de la réalité. C'est d'ailleurs pourquoi son partenaire ressort de discussion (tentative de discussion, devrait- on dire) "avec le cerveau complètement embrouillé" - l'expression revient souvent dans les témoignages. "A devenir dingue, dit Paul, ancien journaliste du "Monde". Avec une personne normale, quand il y a un désaccord, chacun donne ses arguments, il y a un échange. Là, tu n'as prise sur rien. Ca rend fou."

Autre caractéristique majeure : sa façon de dénigrer, insidieusement. Avec des plaisanteries. Du sarcasme. Il rabaisse l'autre par petites touches. Ca n'a l'air de rien mais dans son flot de paroles passe un poison lent. "Je me sentais pire qu'une merde" ou "une sous-merde" : les témoignages sont récurrents là aussi. "Rien n'est plus 'blessable' qu'un narcissisme non pathologique attaqué par un narcissisme pervers", écrivait Paul-Claude Racamier, qui proposa cette définition : "Le mouvement pervers narcissique est une façon organisée de se défendre de toutes douleurs et contradictions internes et de les expulser pour les faire couver ailleurs, tout en se survalorisant, tout cela aux dépens d'autrui et non seulement sans peine mais avec jouissance."

Expulser en l'autre son propre chaos mental

Expulser en l'autre son propre chaos mental : cette acrobatie psychiatrique est "la" raison d'être de la perversion narcissique. Le pervers manœuvre inconsciemment pour transférer chez l'autre la psychose ou la dépression qu'il cherche à éviter.

On le reconnaîtra enfin à ce que, essentiellement préoccupé de lui-même, il est constamment dans la construction de son image. Cette obsession de paraître le mène souvent haut, dans les métiers de pouvoir et de représentation, où son bel habit social, sa brillance bien souvent, le hisse au-dessus de tout soupçon. "C'est parmi ces manipulateurs destructeurs qu'on trouve les plus grands imposteurs, mystificateurs et escrocs", dit le docteur Geneviève Reichert-Pagnard. Savoir reconnaître un pervers narcissique, c'est repérer ceux qui passent au fil de l'actualité politique, intellectuelle, artistique.

Pas de thérapie possible

Espérer un amendement, voire une guérison est généralement illusoire. "Ca n'est pas une maladie, ça ne se soigne pas. Il n'y a pas de médicament, pas de thérapie possible, dit Dominique Barbier, l'expert avignonnais. Ces gens ne sont pas demandeurs et ne consultent pas, sauf par calcul, pour donner de faux signes de bonne volonté. La problématique relève de la justice et de la police, en aucun cas de la médecine. Ce sont des salopards qui ne changeront jamais." Il n'est pas le seul thérapeute à en perdre la réserve d'usage.

Nulle mention de ce profil dans le DSM-IV, manuel de classification internationale des troubles mentaux. La notion se cherche. Pour certains, il ne faut pas craindre de parler de véritable déviance morale et de poser la question du mal, comme le fit Scott Peck, psychiatre américain. Pour d'autres, c'est une psychose sans symptômes apparents, avec une dimension paranoïaque, ou "psychose blanche", une maladie incurable. On pourrait classer le manipulateur sur une échelle de 1 à 10 selon la toxicité.

Du tyran domestique au sadique

Niveau 3, le tyran domestique, réfugié dans le déni, qui, pour ne pas sombrer, blesse l'autre involontairement ; niveau 8, le sadique qui se défoule en jouissant de la douleur morale qu'il inflige sciemment. Quoi qu'il en soit, même un "petit" PN fait de considérables dégâts. On ne gagne jamais face à lui. On ne peut que s'en aller.

Et c'est ainsi que la perversion narcissique laisse un nombre grandissant d'hommes et de femmes dans un état de sidération, une fois achevée cette leçon de ténèbres. Après inventaire du désastre, on comprend qu'à l'occasion d'une discussion sur internet où des femmes s'interrogeaient sur la rémission possible de "leur" PN, un thérapeute ait déposé cet avertissement :"Je suis psychiatre. Mais jamais je ne croiserai le fer avec un pervers narcissique."

 

 


(1) " Le Génie des origines. psychanalyse et psychoses ", Payot, 1992.

(2) " Le harcèlement moral", La Découverte / Syros, 1998.

(Article publié dans "le Nouvel Observateur" du 19 janvier 2012)

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25 août 2012 6 25 /08 /août /2012 15:00

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Qui a tué l’écologie ? Ecoutez notre entretien avec Fabrice Nicolino

Article du jeudi 10 mars 2011 mis à jour le 26 mars

lundi 4 avril 2011
Posté par David

 

 

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Voici un livre qui va faire mal, très mal. On le doit à un journaliste que j’aime beaucoup, Fabrice Nicolino, auteur des best seller Pesticides, Révélations sur un scandale français et Bidoche, l’industrie de la viande menace le monde. Malgré ma profonde sympathie, je dois avouer que j’ai eu un temps d’hésitation et presque un cas de conscience. Dois-je faire la promotion d’un livre qui accuse quatre des associations que je défend depuis maintenant plus de cinq ans en vous relayant très régulièrement leurs campagnes ou les soutenant occasionnellement à titre personnel ?

 

 

 

 

D’ailleurs, l’auteur pense qu’ils seront peu les journalistes à oser ou vouloir relayer l’existence de ce livre et que seul le bouche-à-oreille lui donnera une chance d’exister.

 

Mais je suis un simple blogueur et si je ne partage pas entièrement son analyse (très documentée, comme d’habitude), elle est, sans aucun doute, une contribution importante vers un nécessaire changement au sein du mouvement associatif écologiste en France.

Si il est loin d’être le seul à dénoncer les dérives quant à la proximité de certains mouvements avec les mondes politiques et économiques (quitte à en adopter les règles dans leurs propres organisations), Fabrice Nicolino est le premier, avec un certain courage, à y consacrer un livre.


Et pour être parfaitement honnête, cher Fabrice, votre nouveau livre brise surtout toutes mes certitudes et je gage qu’il va provoquer le même électrochoc auprès d’un certain nombre de mes lecteurs.

Certes, les critiques fusent depuis des années sur la Fondation Nicolas Hulot ou sur le WWF quant à leur proximité avec les pouvoirs économiques.

Et Nicolas Hulot que vous qualifiez d’"homme sandwich de Rhône-Poulenc" est loin d’être le seul.

Vous ne vous privez d’ailleurs pas de le rappeler, exemples à l’appui.

Certes, je suis autant agacé que vous par les petits conseils des médiatiques Maud Fontenoy and co (éteindre la lumière derrière soi, fermer l’eau du robinet, trier ses poubelles...) : c’est très bien mais ce n’est pas avec ça que l’on va résoudre les immenses problèmes environnementaux...


Même si vous insistez sur le fait qu’il existe de nombreuses différences entre ces ONG, vous n’hésitez pas à mettre les pieds dans les plats de "petits-fours" servis dans les "salons dorés" où se réunissent désormais certains mouvements écologistes.

Vous citez des personnes que j’apprécie et des mouvements qui, pour moi, étaient garants d’une indépendance totale, à l’image de France Nature Environnement et de Greenpeace.

Votre livre, comme à l’accoutumé très documenté, met en accusation la "bande des quatre" qui s’est, selon vous, "laissé abuser par les ruses et les risettes de l’Etat français, Nicolas Sarkozy, Jean-Louis Borloo et Nathalie Kosciusko-Morizet en tête" et qui a offert sa prestigieuse caution à une "vulgaire opération politicienne connue sous le nom de Grenelle de l’environnement".


Ce livre va faire mal, parce qu’il révèle pour la première fois l’histoire, les histoires et les coulisses de quatre des principaux acteurs de l’écologie en France.

On découvre, incrédule et même stupéfait, les liens entre l’ancien dictateur africain Mobutu, des piliers du régime de l’apartheid tels que Anton Ruppert, un ancien militant nazi ou des trafiquants avec la création du WWF-International.

L’auteur tacle ce qu’est devenu Greenpeace, quarante ans après sa création, sur fond de chasse à la notoriété et à l’argent.

On découvre également que certaines de ces organisations ressemblent à des "castes bureaucratiques" où certains de leurs membres sont aussi cumulards que nos hommes politiques siégeant ici et là, récompensés par des distinctions honorifiques.

Des cercles fermés composés de notables (on découvre le parcours professionnel de plusieurs personnalités dont la sensibilité écologiste est arrivé sur le tard), où les femmes sont encore plus minoritaires qu’à l’Assemblée nationale ...


Mais pas seulement.


On peut lire cet ouvrage de bien d’autres manières.

Comme une réponse par avance à une éventuelle candidature de Nicolas Hulot à l’élection présidentielle.

Ou bien comme une relecture du développement durable que Fabrice Nicolino considère comme un supercherie.

Il explique quand, comment et pourquoi le terme développement soutenable inventé en 1980 par l’UICN (l’Union internationale pour la conservation de la nature), repris en 1987 par le rapport Bruntland (notre avenir à tous) a disparu pour devenir développement durable.

On le doit, affirme Fabrice Nicolino, en grande partie, à Maurice Strong.

Cet homme, secrétaire au Sommet de la Terre de Rio en 1992, a cependant eu un parcours beaucoup moins écologiste.

Fabrice Nicolino rapporte que Strong a fait fortune dans l’industrie pétrolière où il aura servi les intérêts de nombreuses compagnies jusqu’à diriger Ontario Hydro, géant de l’hydro-électricité et du nucléaire.

Depuis, le développement durable est repris en coeur par les entreprises du monde entier et plus naïvement par la plupart d’entre nous (à commencer par nous, de bonne foi).

Vous comprendrez, à la lecture de ce livre, qu’il n’est pas juste question de vocable.


Après la lecture de ce livre, ceux qui prennent, comme moi, au sérieux la crise écologique devront fatalement admettre que l’écologie a du plomb dans l’aile.

Et qu’il faut la réinventer de toute urgence.

Fabrice Nicolino signe un appel majeur.

Il n’est pas innocent qu’il ouvre ce livre par une citation de George Santayana : "Ceux qui ne se souviennent pas du passé sont condamnés à le revivre".

Alors oui, reconnait Fabrice Nicolino, "ce livre ne peut être bien accueilli par ceux qui règnent - si mal - sur le mouvement écologiste français. Mais je veux dire à ceux qui pourront l’entendre que ce texte n’a rien d’une attaque personnelle contre tel ou tel. Même si je mets en cause, au passage, des personnes." [...] "J’ai pour eux tous, suivant les cas bien sûr, de la sympathie, de l’estime, de la complicité, souvent de l’affection" [...] "J’appartiens bon gré mal gré à ce mouvement. [...] Je suis par exemple membre de Bretagne vivante depuis 1987. Ce qui signifie donc que je paie ma cotisation à une fédération, FNE, dont je viens de dire beaucoup de mal. On jugera comme on l’entend ce qu’il faut bien appeler un écartèlement".

Finalement, ne sommes-nous pas tous dans la même situation ?

Pour continuer le débat, rendez-vous sur le blog du livre en cliquant ici.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

- Écoutez Fabrice Nicolino dans l’excellente émission Terre à Terre de Ruth Stégassy diffusée le samedi 26 avril sur France Culture. Une heure d’entretien où le journaliste balance sur la bande des quatre, le Grenelle et la consanguinité entre ONG et pouvoirs économiques en cliquant ici.


- Références : Qui a tué l’écologie ? de Fabrice Nicolino - Editeur : Les liens qui Libérent - Date de publication : 16 mars 2011 - 300 pages- ISBN : 9782918597254 - Prix public : 15 €

 Ecoutez notre entretien avec Fabrice Nicolino

Fabrice Nicolino était l’invité de CDURABLE.info le 31 mars dernier en direct du salon Planète Durable pour une émission d’une heure diffusée sur Fréquence Terre et CDURABLE.info. En deuxième partie de l’émission, écoutez le duplex réalisé avec Marie-Monique Robin, auteur de notre poison quotidien.

 


Ecoutez la chronique
« Fabrice Nicolino et Marie Monique Robin invites de Frequence Terre et de CDURABLE.info »
de FREQUENCE TERRE

 Extrait : le pourquoi du comment

Une introduction nécessaire par Fabrice Nicolino


"Un spectre hante désormais le monde de l’écologie, et c’est celui de la mignardise. Il faut être gentil, constructif, bienveillant, positif, bien élevé. Ce mal est profond, comme on verra, mais il s’est aggravé juste après l’élection de Nicolas Sarkozy, en 2007. C’était fatal. D’un côté un histrion obsédé par le dernier sondage disponible, aussi bon tacticien que désastreux stratège. De l’autre un mouvement épuisé par quarante années de surplace et de compromis, moqué dans la moindre réunion par le sous-préfet d’Ax-les-Thermes ou le conseiller général de Romorantin. C’est alors que sonnèrent les trois coups d’une pièce bouffonne connue sous le nom de Grenelle de l’environnement.


On a vu dans les mêmes bureaux, derrière les mêmes micros et caméras ceux qu’on croyait des adversaires. L’Etat et ses services jadis honnis, les grands patrons pollueurs, les paysans industriels, les partisans des OGM et des pesticides d’une part. Et de l’autre, des ONG comme Greenpeace, le WWF, la Fondation Nicolas Hulot, France Nature Environnement, autoproclamées représentantes de la société toute entière.

 

Le douteux miracle, c’est que tous ces gens n’ont cessé de se congratuler. Pour le président Sarkozy et son clan, l’occasion était magnifique de prouver que la droite pouvait être aussi écolo, et même d’avantage, que ses adversaires. Et pour les écologistes officiels, dûment estampillés, le Grenelle marquait la fin d’une époque honnie, faite d’ombre et d’ostracisme, emplie de soirées perdues à tenter de sauver ce qui ne le serait pas.

 

Mais l’affaire ne s’est pas arrêtée là. Englués dans le piège qu’ils avaient eux-mêmes amorcé, les écologistes de cour ont continué de jouer jusqu’à l’absurde. Peut-on, sans sombrer dans le ridicule, prétendre que le monde court à sa perte tout en oeuvrant comme si l’on disposait de cinq siècles pour régler les problèmes entre gens de bonnes compagnie ?

 

La disparition quasi complète de la pensée critique va de pair avec une tendance lourde de la société. Désormais, il faut être écolo, ma non troppo. L’heure est au développement durable, forcément durable. Ce qui implique de bien fermer les robinets, de bien éteindre la lumière derrière soi et de trier ses ordures.

 

Pendant ce temps, la destruction du monde continue. J’écris ces lignes alors que s’achève la piteuse conférence de Nagoya (Japon) sur la biodiversité, et près d’un an après la ridicule grand-messe sur le climat de Copenhague. Oh oui, la destruction continue et s’accélère même. Et dans ces conditions, il faut oser parler d’une mystification. D’une vaste mascarade où l’écologie, la vraie, a disparu dans le trou noir des embrassades et des réceptions avec petits-fours. Ce pamphlet sera dur, car il dénoncera sans état d’âme tous ceux qui acceptent d’échanger la liberté et l’action contre un simple plat de mauvaises lentilles. [...]

 

Je suis un écologiste. Il est à mes yeux certain que la crise de la vie sur terre commande tout. Devrait commander toutes les actions humaines. Et c’est à cette aune que je vais parler d’un mouvement écologiste auquel j’appartiens, envers et malgré tout. Je suis membre de l’association Bretagne vivante depuis 1987, et j’en suis bel et bien satisfait. J’écris, j’ai écrit, j’écrirai bénévolement dans des bulletins, de petits journaux, des feuilles naturalistes ou plus généralement écologistes. Ce mouvement est peut-être perdu, mais j’en suis. Je fais partie de ceux qui veulent refonder le monde sur des bases humaines. Un tel programme est devenu extrémiste, mais je n’y suis pour rien.

Le désastre est partout, même si les chaînes de télévision et les propagandes associées parlent encore de vacances à la mer ou à la montagne, du dernier colifichet, des courses automobiles et du tennis, des bisbilles électorales entre machin et truc, entre machine et truque. L’image, qui s’impose à moi est celle d’une famille de chez nous, grignotant un joyeux pique-nique sur la plage, le dos au tsunami qui approche. On se dispute. L’un reproche à l’autre d’avoir oublié le sel et les deux finissent par mettre une torgnole au gosse qui vient de laisser tomber le jambon dans le sable.


Tandis qu’ils déplient leur nappe, pendant qu’ils se pourlèchent les babines une dernière fois, la vague s’apprête à déferler. Mon sentiment le plus sincère est que nous allons droit à la dislocation des sociétés humaines, que nous pensions pourtant immortelles. A toutes les menaces globales que chacun d’entre nous connaît - de la mort des océans à la déforestation, de la disparition des sols fertiles à la fracture du cycle de l’eau - s’ajoute désormais l’infernal dérèglement climatique. S’il est infernal, c’est pour la raison que le coup est parti. Il va falloir produire infiniment plus, pour au moins trois milliards d’humains de plus dans quelques années, mais avec bien moins. Moins de surfaces agricoles, moins d’eau, moins de pétrole, et sans le soutien d’un climat jusqu’ici très favorables aux activités humaines.

 

Chacun le sait ou le pressent, la parenthèse historique ouverte par la victoire sur le fascisme, il y a soixante-cinq ans, se referme brutalement. Brutalement pour les écosystèmes, qui ne savent rien du temps humain. Et bien trop lentement pour les individus que nous sommes, qui peuvent encore se bercer d’illusions et se passionner pour les prochaines élections présidentielles. L’espoir d’échapper au malheur est mince. Rien de sérieux ne pourra plus s’interposer entre nous et, le pire, sans la création d’un mouvement dont nul n’a pour l’heure la moindre idée. La seule certitude, à mes yeux, est qu’il ne ressemblera en rien à ce mouvement de protection de la nature, né en France à la suite des événements de mai 1968, devenu un appendice de l’appareil d’Etat et de cette vaste machine industrielle qui détruit le monde à sa racine.

 

Il est certain que le texte qui suit déplaira fortement à nombre de personnes qui me saluent encore, fût-ce de loin. Je ne l’ai pas écrit pour le plaisir d’être seul. Je l’ai écrit pour l’être moins. Qu’ai-je à perdre ? je pense davantage à ce que nous pourrions gagner."

 Droit de réponse

Les associations et personnalités citées dans le livre de Fabrice Nicolino peuvent bien sûr réagir sur notre site pour exercer leur droit de réponse.

 


 Ils en parlent aussi

- Sophie Verney-Caillat de RUE89 qui fait notamment référence à cet article.

- Sylvie CARDONA de AVES France : "Il me semble intéressant d’acheter et de lire cet ouvrage dans la mesure où Fabrice Nicolino est déjà l’auteur de livres de très grande qualité qui ont contribué à ouvrir les yeux non seulement au grande public mais aussi aux écologistes (je pense notamment à celui sur les biocarburants) mais aussi parce qu’il est lui-même militant écologiste et que son analyse sur les quatre plus grosses ONG françaises peut permettre un salutaire changement au sein du mouvement associatif et de la pensée écolo.


Avant de co-fonder Aves France, j’ai moi-même été adhérente, bénévole ou militante (depuis mon adolescence) pour un certain nombre de structures : de la SPA au FIR (fondu ensuite avec la LPO) en passant par feu ARTUS, le WWF et GREENPEACE. J’ai même effectué un stage chez FNE... De ces années-là, j’en suis revenue désabusée et attristée. Car si j’y ai rencontré des militants passionnés, des gens de valeur sincèrement attachés à la nature, j’ai également assisté à la transformation de certaines ONG se calquant sur le mode de fonctionnement d’une petite entreprise, aux luttes de pouvoirs, à la poursuite d’objectifs incertains ou douteux, au manque de cohésion et de solidarité (la palme revient certainement au dossier chasse !). J’ai rencontré des responsables à l’égo surdimensionné, des frileux, des jaloux, des aigris... Pire, les dissensions sont apparues : la défense des animaux domestiques d’un côté, celle des animaux sauvages de l’autre, les assos défendant une chasse "responsable", les anti-nucléaires et pro-charbons ou vice-versa, les anti énergies renouvelables... et les dérives encore sur le soja "durable", l’huile de palme certifiée bio, le label PEFC, etc. Et que dire du Grenelle de l’Environnement ou du Grenelle des animaux ? Peu à peu le mot environnement a pris la place de nature, on s’est mis à "gérer" des espaces naturels et des animaux plutôt que les protéger, à hiérarchiser les espèces, à chercher des alliances, à faire des compromis, à céder... le tout au nom de la raison et du développement durable.

 

Et aujourd’hui, on voit le résultat. Réflexion faite, tout le monde ne le voit pas. Une bonne raison pour lire le nouvel ouvrage de Fabrice Nicolino, non ?"

 

  

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25 août 2012 6 25 /08 /août /2012 14:53

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Ce qui en dit très long !

Le WWF France, plus grande ONG écologiste du pays, fait partie du plus grand réseau écologiste au monde.
Cette multinationale verte a souvent été dirigée par des personnes issues de milieux institutionnels (monde des affaires, politique, aristocratie, etc.).
Le WWF a compté comme dirigeants des aristocrates comme le prince Bernhard des Pays-Bas, le prince Philip, duc d’Edimbourg, ou encore des hommes d’affaires comme John H. Loudon, ancien président de la Royal Dutch Shell, Anton Rupert, PDG des cigarettes Rothmans, ou encore Ronald Biegs, ancien directeur général de Coca-Cola en France et en Allemagne.
Le WWF-France ne déroge pas à la règle, avec notamment comme anciens présidents : Luc Hoffman, héritier du groupe pharmaceutique Hofmann Laroche, Daniel Richard, ancien PDG des Trois Suisses et de Sephora (groupe LVMH), Claude Dumont, PDG de la SPAS, et Serge Orru, ancien directeur général de Sodistour-Touristra.
Le WWF promeut une démarche de développement durable, de réformisme écologique pour une croissance économique verte.
C’est le WWF qui a popularisé le concept d’empreinte écologique.

http://www.ecolopedia.fr/?p=176



Quelques articles démontrant que la WWF redore continuellement le blason des multinationnales des plus pollueuses et néfastes.

Le WWF mesure l’empreinte écologique du siège de Coca-Cola Belgique.
https://www.cocacolabelgium.be/Le-WWF-mesure-l-empreinte-ecologique-du-siege-de-Coca-Cola-Belgique


[Multinationales - Banksters] Le WWF taxé de « greenwashing »
article du canard enchaîné nommant les liens de la WWF avec Carrefour, Lafarge, Orange et Consors(banque).
http://www.paperblog.fr/4022821/multinationales-banksters-le-wwf-taxe-de-greenwashing/


Les multinationales témoignent de leur engagement à Copenhague.

extrait :

Les quatre entreprises participantes, Coca-Cola, JohnsonDiversey, Duke Energy et Loblaw sont chacune impliquées dans une démarche développement durable en partenariat avec le WWF.
Il s’agissait donc pour l’ONG de présenter au travers de cette table ronde l’implication des plus grandes entreprises dans le développement durable et en conséquence de créer un effet d’entrainement pour celles qui ne sont pas encore engagées dans cette voie.
http://www.durable.com/actualite/article_les-multinationales-temoignent-de-leur-engagement-a-copenhague_509

"Qui a tué l'écologie" de Fabrice Nicolino, un pavé dans la mare de l’écologie.
extrait:
Le WWF, par exemple, qui selon lui a été créé « par des notables britanniques dont la motivation était de pouvoir continuer à chasser le grand gibier sauvage en Afrique. »
http://www.come4news.com/index.php?option=com_content&task=view&id=42537
Lien du livre: Amazon

Partenariat WWF / Lafarge :
http://pratiquesenvironnementales.wordpress.com/2008/02/02/le-partenariat-lafarge-wwf/
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25 août 2012 6 25 /08 /août /2012 14:41

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Un documentaire met à mal le WWF.


Allemagne |

 

 

De la sympathie pour les OGM et des liens avec des multinationales agricoles.


Le WWF a été épinglé mercredi soir par un documentaire de la télévision allemande.
Il devra s'expliquer.





"Une tempête au pays des pandas".

Cette expression résume vendredi pour le "Spiegel" la situation dans laquelle est plongée le WWF.

L'ONG de défense de l'environnement aurait des liens avec des multinationales agricoles et de la sympathie pour les OGM.

C'est un documentaire de la télévision allemande (Pakt mit dem Panda - was uns der WWF verschweigt) qui l'a révélé mercerdi soir sur la chaîne ARD.

 

Le WWF ne vivrait ainsi pas que de dons.



Les images récoltées par son réalisateur proviennent des Etats-Unis, d'Indonésie, d'Inde et d'Argentine.

On y voit des populations indigènes être déplacées au profit de plantations de palme, des monocultures de soja et la destruction de forêts originelles.

Le documentaire montre aussi que le WWF serait proche de l'industrie d'OGM Monsanto.

En bref, il serait proche de tout ce qu'il combat ouvertement au quotidien.

Le WWF n'a pas l'intention de poursuivre juridiquement le producteur du documentaire (WDR), indique vendredi le "Spiegel".

Son porte-parole en Allemagne dénonce en revanche un reportage "idéologique" rempli "d'allégations mensongères".

Le WWF devra toutefois s'expliquer, car son image a fortement été écornée en Allemagne mercredi soir, souligne encore le "Spiegel".

Plus de 420 000 Allemands affirment donner régulièrement de l'argent au WWF.

En 2009, l'organisation de défense de l'environnement avait ainsi récolté en Allemagne 29 millions de francs.

Le lien vers le documentaire en Allemand (visionnable):
http://www.ardmediathek.de/ard/servlet/content/3517136?documentId=7495082

source:
ICI

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